Antoine Marie RUSSIAS

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MedailleVictoire+grandeGuerre

Seul enfant de la famille, Antoine Marie naît au Moulin Neuf le vendredi 29 août 1879 à 3 heures du matin d’Antoine, scieur mécanique né aux Amouillaux, commune de Saint-Eloy-la-Glacière le 8 avril 1854 et de Marie CAMUT, née au Moulin Neuf le 25 mai 1859. Logiquement, Antoine Marie est donc meunier lors de sa visite d’incorporation. Il mesure 1 m 72 et possède des cheveux et des yeux châtains. Son visage est ovale, avec un menton rond, sans signe particulier par ailleurs. Il est incorporé au 189e RA le 29 novembre 1900 et arrive en Algérie le 3 décembre. Il participe à l’occupation du pays jusqu’en 1903, puisqu’il revient d’Afrique du Nord le 20 octobre 1903. Muni de son certificat de bonne conduite, il regagne le Moulin Neuf. Le 12 septembre 1904, il se marie à Cunlhat avec Eugénie MALMONTAT (née dans la même localité le 20 janvier 1878). Le couple vient habiter au Moulin Neuf et à la mort d’Antoine, le père d’Antoine Marie, survenue en 1907, ce dernier reprend les rênes de l’exploitation. Le 5 novembre 1906, Marcel Théodore vient au monde au Moulin Neuf. Là encore, nous ne connaissons pas d’autre enfant au couple.

A la déclaration de la guerre, Antoine Marie arrive au groupe territorial du 53e RAC de Clermont-Ferrand le 4 août 1914. Il est âgé de 34 ans. La déclaration de la guerre est un moment difficile pour beaucoup de soldats dont seule leur activité professionnelle permet de subvenir aux besoins de leur famille. Aussi, toutes les mesures nécessaires à la poursuite de l’exploitation du moulin doivent être prises …

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Comme le plus souvent dans ce genre d’unité, il nous est impossible de suivre le parcours de notre soldat, faute de témoignage. Nous savons simplement qu’il est resté aux armées pendant toute la durée de son engagement. Il est blessé à un endroit inconnu vraisemblablement au bras gauche le 16 septembre 1914. Nous ne savons pas s’il a été évacué. Le premier avril 1917, il passe au 4e RAC. Son nouveau régiment est en Champagne où il prépare une offensive, occupant des positions étendues des faubourgs ouest de Reims jusqu’au fort Saint-Thierry. Surplombé par les Allemands, il subit dès la préparation des bombardements intensifs qui causent des pertes significatives. A partir du 6 avril, il pratique d’incessants tirs de destruction et de harcèlement sur les tranchées ennemies. Le 16 avril, jour de l’attaque, il accompagne l’infanterie en faisant un barrage d’accompagnement devant elle. Le succès de la première phase est complet mais ordre est donné de ne pas poursuivre l’attaque. Le 4e RAC est alors soumis à de nombreux tirs allemands de représailles. Après quelques jours de repos, il est envoyé dans le secteur de Berry-au-Bac pendant tout le mois juin 1917 où il appuie l’infanterie lors des combats du bois des Geais, du ravin de l’Ailette, de Gernicourt et des passages de l’Aisne.

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Relevé début juillet et après 10 jours de repos, il rejoint le secteur de Tahure et participe aux tirs de destruction sur tout le front allemand afin d’empêcher ces derniers de réaliser la vaste émission de gaz qu’ils avaient projeté. Du milieu de septembre à mi-octobre, il reste au repos à Saint-Germain-la-Ville et reçoit la visite du général Pétain. Le 17 octobre 1917, il est dirigé sur Verdun. Il prend position aux carrières d’Haudremont, au ravin des Caurettes et au ravin de la Cage. Il y protège malgré des bombardements allemands incessants, le front de la cote 344. Il y appuie l’attaque du 25 novembre qui permet de libérer totalement le secteur.

cote344aout1917

Il est ensuite déplacé de quelques kilomètres vers le Talou. Relevé le 20 décembre 1917, il gagne par étapes Wassy et embarqué deux jours plus tard, Il rejoint Dombasle le 1er janvier 1918. Il y tient un front assez étendu de la forêt de Parroy jusqu’à Athienville. Il contribue à y arrêter des coups de main allemands. Le 19 avril 1918, il part pour les Flandres où il va connaître une vie errante. Il monte par étapes par Pierre-la-Treiche sur Toul où il reste une dizaine de jours. Embarqué à Pagny-sur-Meuse, il débarque à Beauvais et part par route jusqu’à Abbeville d’où il embarque à nouveau jusqu’à Klein-Lyseele en Belgique. En deux étapes, il se rend dans le secteur de Locre et prend position à Boschepe. Malgré des positions Difficiles à tenir et à organiser, l’hospice de Locre est pris le 20 mai.

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Dans la nuit du 26 au 27 mai, le régiment déclenche un important bombardement par gaz suivi d’une attaque d’infanterie qui est enrayée. Plusieurs canons sont mis hors d’usage. Les effectifs, en raison des bombardements, sont de plus en plus réduits, nombre de soldats gazés refusant par ailleurs de se laisser évacuer. La division entière est relevée début mai, les effectifs complétés et le régiment, après quelques jours de repos, s’établit en seconde ligne dans la région de Wippenhoecke et Abeele, face au Mont Rouge et au Mont des Cats. Le 30 juin, il occupe brièvement le secteur de Kokerelle. L’armée anglaise prenant possession de tout le front des Flandres, le 4e RAC est embarqué à Ameke pour Chantilly où il arrive le 12 juillet. Croyant prendre un repos bien mérité, il est obligé de partir dès le 15 en raison de l’attaque allemande sur Paris. Se déplaçant de nuit, tirant sans aucun réglage afin de ménager l’effet de surprise, les conditions sont difficiles. Le 18 juillet, la contre-offensive entre la Marne et l’Aisne. Le 4e RAC permet aux troupes de passer par la Savière en neutralisant les mitrailleuses des deux bastions boisés de Haut-Wison et de Cresnes qui dominent la vallée. Il les couvre ensuite par un barrage roulant jusqu’à Ancienville. La poursuite continue par Chouy jusqu’à Ulchy-le-Château qui est pris le 25 juillet. Certaines pièces sont placées à 1000 mètres des lignes allemandes. La Vesle est atteinte le 2 août. 32 kilomètres viennent d’être enlevés d’un coup. Le régiment occupe ensuite de nouvelles positions près de Lesges et après quelques étapes, gagne Meaux où il reste au repos une dizaine de jours. Il repart pour franchir l’Aisne et prendre position le 16 août au pied des falaises qui bordent sa rive nord à Pommiers.

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Face à des troupes allemandes aguerries qui connaissent leurs tranchées, la progression est difficile mais les 3 et 4 septembre, l’artillerie allemande, totalement désorganisée, subit d’importantes pertes. Elle est obligée de se retirer et l’infanterie recule jusqu’au moulin de Laffaux. L 4e RAC appuie ensuit les troupes chargées de prendre les crêtes de la Malmaison. Il est ensuite relevé avant la fin des opérations et le 20 septembre, il se retrouve sur les routes puis embarque en chemin de fer pour gagner Saint-Omer où il arrive le 25. Dans la nuit du 27 au 28, il se retrouve en batterie en Belgique près de Pilckem sur la contre-pente à 1800 mètres des Allemands. Le lendemain, c’est l’attaque générale des Alliés mais dont, malgré le succès, le petit nombre de routes ne permet à toute l’artillerie de se porter en avant. Le 14 octobre, Roulers, première ville belge, est reconquise.

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Progressivement, les Allemands continuent à décrocher. L’Escaut est atteint mais les hauteurs de sa rive droite sont garnies de mitrailleuses et de pièces isolées invisibles qui détruisent les passerelles et amorces de pont aussitôt construites. Mais le 10 novembre, après avoir construit un pont de bateaux près du château de Scheldekant, la 164e division passe le fleuve. Et c’est avec joie que tous apprennent la signature de l’armistice. Le régiment continue ensuite sa marche et traverse Bruxelles, Liège et Vervier où il reçoit un accueil triomphal. Le 6 décembre, il traverse la frontière allemande et deux jours plus tard, défile dans Aix-la-Chapelle. Il cantonne ensuite sur la rive gauche du Rhin, dans de petites localités au sud de Düsseldorf et du nord de Cologne. Antoine Marie est démobilisé le 19 février 1919 et regagne Echandelys. Il s’éteint au Moulin Neuf trente ans plus tard.

 

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