Mathieu SIMONDET

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Bien que né au Péaghier, commune de Fournols, le vendredi 10 avril 1885 à 11 heures du matin, Mathieu a vécu à Cher pendant plusieurs années. Ses parents, Benoît, scieur de long puis cultivateur né à Cher le 16 mars 1853 et Jeanne PISSAVIN, née au Péaghier (commune de Fournols) le 7 janvier 1856, se sont mariés à Echandelys le 6 octobre 1883. Après Mathieu, naît Jean, le second et dernier enfant de la famille, à Cher le 27 avril 1887. Ce dernier sera également soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Mathieu est boulanger lors de sa visite d’incorporation. Il mesure 1 m 67, possède des cheveux et des yeux châtains. Son visage est ovale, avec un menton rond et un nez petit. Bien que sachant cuire le pain, il est incorporé dans une unité combattante, le 92e RI de Clermont-Ferrand le 7 octobre 1906. Muni comme beaucoup de ses collègues de son certificat de bonne conduite, il est rendu à la vie civile et regagne Echandelys le 25 septembre 1908. Il s’y marie le 25 janvier 1910 avec Marie Thérèse CHEVARIN, elle-même fille de Poilu.

A la déclaration de la guerre, Mathieu arrive au 86e RI du Puy le 4 août 1914. Il est âgé de 28 ans. Le lendemain, sous une pluie battante, le régiment s’embarque dans 3 trains pour rejoindre la région d’Epinal. Il participe à la bataille en Lorraine dès le 15 août vers Ancerviller, puis est dirigé rapidement vers Sarrebourg, d’où il pénètre en territoire allemand jusqu’à Nitting. Mais le canal de la Marne au Rhin constitue un point limite et les contre-offensives allemandes fixent le régiment autour de Nitting et à partir du 21, c’est le début de la retraite de Lorraine qui va le conduire dans la région de Baccarat où le 25, les rudes combats pour reprendre la ville firent plus d’un millier de morts. Il arrive à contenir la poussée allemande dans la région de Roville aux Chênes lors de la bataille de la Mortagne.

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Le 26 août 1914, le 86e RI ne comprend plus que 750 hommes et 7 officiers qui se divisent en deux groupes. Le premier est rassemblé à la sortie nord-ouest de Rambervillers et attaque 7 km plus au nord-ouest Roville-aux-Chênes qu’il enlève. Par contre, les bois de la Grande et de la Petit Pucelle, fortement organisés, ne peuvent être conquis. Il stationne, sous les bombardements allemands dans la région et se renforce de deux apports successifs de 800 et 400 hommes. Il quitte ensuite la région le 9 septembre 1914 pour poursuivre les Allemands défaits à la première bataille de la Marne. A partir du nord-ouest de Paris, le 86e RI se porte vers Ribecourt puis, le 16 septembre, enlève la ferme La Carmoye qui avait été le matin le théâtre de sanglants combats où le 38e RI avait subi de lourdes pertes.. Il se porte ensuite sur l’Ecouvillon qu’il conquiert mais où il ne reste pas en raison de son encerclement par les forêts facilitant les contre-attaques nocturnes. Le 20 septembre, participe aux combats de la ferme Attiche en subissant de lourdes pertes, notamment pendant la période du 20 septembre au 20 octobre 1914 où il exécute après avoir conquis la ferme, 12 attaques sur le plateau d’Attiche et enregistre la perte de 192 soldats.

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Un monument fut érigé en juillet 1915 par le 86e RI en souvenir des soldats tombés autour de la ferme d’Attiche et préfigurera ceux élevés après-guerre.

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Le régiment s’enterre alors sur la ligne Attiche, la Carmoye, l’Ecouvillon, le front étant fixé. La guerre devient une guerre de tranchées. Progressivement, prenant exemple sur les Allemands, il organise le secteur en creusant tranchées et boyaux de plus en plus profonds et en réalisant des réseaux de fils de fer barbelés. Deux bataillons restent en ligne tandis que le troisième se repose quelques jours en réserve au bivouac des Carrières (près de Montigny), puis dans le village de Machemont. Il ne quitte le secteur qu’en février 1915 pour quelques semaines à l’arrière puis reprend rapidement sa place dans les mêmes positions jusqu’en fin avril 1915. Il passe alors à Marest-sur-Matz et revient en mai sur le secteur de l’Ecouvillon jusqu’à l’Oise.

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En septembre 1915, il gagne plus au nord-ouest le secteur de Canny-sur-Matz où il reste jusqu’en novembre.

Il est ensuite envoyé à l’arrière à Montigny, Ravenel et Brunvillers (toujours dans l’Oise) où , pendant un mois, il est à l’instruction avec force manœuvres. Début décembre 1915, il remonte en ligne sur l’Avre, dans les secteurs de Marquivillers, Armancourt et l’Echelle-Saint-Aurin, théâtre d’une lutte incessante à la grenade et aux mines. Le « Pigeonnier » en particulier est un coin où la mort rôde en permanence.

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Mathieu est alors affecté au 92e RI de Clermont-Ferrand le 30 janvier 1916. A l’entraînement au camp de Crèvecoeur, son nouveau régiment part fin février pour participer à la défense de Verdun. Il bivouaque au bois de Fouchères, à trois kilomètres de Dombasle. Si le régiment ne combat pas immédiatement, les conditions sont difficiles. L’ennemi frappe des coups redoublés, la rive droite de la Meuse est actuellement le théâtre de la lutte, mais la rive gauche s’enflamme à son tour, et, dans le bois, sans autre abri que la tente individuelle, contre la neige qui tombe toutes les nuits, le 92e, en réserve, attend l’heure de se porter en avant. Le 6 mars, le régiment arrive sur la neige par 12 degrés au-dessous de zéro au bois du Bouchet. Il reste là, alerté toute la nuit sans abri. Au jour, il se porte en formations d’approche sur la limite d’Esnes à Chattancourt. Il s’y établit en position d’attente. (Historique du 92e RI Maison Alfred Mame imprimeurs, Tours). Le 8 mars, le régiment se lance à l’assaut du bois des Corbeaux tombé la veille aux mains des Allemands. Il est pris pour être reperdu le lendemain, le tout au prix de centaines de morts.

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Retiré de Verdun en raison de ses importantes pertes, le 92e RI relevé le 20 mars 1916, se retrouve dans la Somme et, reformé, tient les secteurs de Bailly et Fouquescourt, au nord de Roye. Il est alors en première ligne pour participer à la bataille de la Somme à partir du 1er juillet 1916. Dans la nuit du 4 au 5 septembre, le 1e bataillon s’installe dans les premières lignes allemandes conquises par le 139e RI, puis les 1e et 2e bataillons partent à l’assaut dans la journée du 6. Un corps à corps terrible se produit au tour de la gare de Chaulnes et les hommes oubliant d’allumer les pots Ruggieri afin de prévenir l’artillerie, cette dernière les pilonne et les débris de la 2e compagnie doivent se replier. La 3e compagnie, s’étant emparé de la tranchée des Sélénites, son objectif, porte secours à la 7e compagnie occupée à enlever l’ouvrage de la Demi-Lune, constitué par d’anciens remparts du château. Le 92e RI maintient ses positions malgré de multiples contre-attaques allemandes.

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Cette opération est responsable du côté français de 79 morts, 300 blessés et 63 disparus. Le régiment reçoit à cette occasion sa 2e citation à l’ordre de l’armée. Après quelques relèves dans la Somme, le 92e RI se rend à Crépy-en-Valois puis est envoyé jusqu’en janvier 1917 au camp de Neuf-Château. Mathieu est alors muté au 4e RI coloniale le 19 janvier 1917. Son nouveau régiment est engagé en Orient depuis novembre 1916. Il semble que Mathieu n’y soit pas parti car il est à nouveau muté dans une autre unité le 22e RI coloniale le 13 février 1917, moins d’un mois plus tard. De plus, à partir de cette date, il est considéré comme en DIC (Division d’Infanterie Coloniale ?) et non plus aux Armées. Aussi, nous n’allons retracer que brièvement le parcours de cette unité, sachant que Mathieu n’y a vraisemblablement pas combattu. Lors de son dernier changement d’unité, le 44e RIC est entre la Somme et l’Oise, vers Orvillers, dans le bis des Loges. Il y subit les premières attaques par gaz. Il attaque le 16 mars 1917 et les Allemands reculent sans trop d’activité sauf le 20 mars. D’avril à mai 1917, il est dans l’Aisne et combat entre Soissons et Laffaux. Il attaque le 16 avril, mais l’opération échoue. De mai à juillet 1917, le régiment se retrouve en Haute-Alsace où il assure la sécurité du secteur de Thann à la Suisse. La période est calme. De juillet à décembre, il participe à la bataille du Chemin des Dames dans le secteur de Craonne. Le mauvais temps et les attaques allemandes incessantes usent le 22e RIC qui est relevé le 19 octobre 1917. Il remonte en ligne en novembre et décembre. De janvier à fin mai 1918, il occupe la région de Reims en Champagne. D’abord calme, il subit un important bombardement dans la nuit du 28 février au 1e mars. Plusieurs attaques sont ensuite repoussées. La zone devient ensuite particulièrement active. En mai et juin 1918, il subit l’importante poussée allemande dont la préparation débute le 26 mai. Il se replie sur la Montagne de Reims où le front se stabilise le 2 juin, la poussée allemande étant alors définitivement arrêtée. Lors des premiers jours de juillet, de nombreux indices annoncent une nouvelle offensive allemande. Le bombardement de préparation allemand débute dans la nuit du 14 au 15. Les Français résistent et accentuant leur pression, amènent à partir du 27 juillet, au repli allemand. Les positions redeviennent identiques à celles du début de l’année 1918. A partir du 5 octobre, c’est le repli allemand, continu, mais saccadé et meurtrier. Suippes est atteinte, puis l’Aisne. La Hunding Stellung, au moulin d’Herpy, fait l’objet de l’attaque des 19 et 20 octobre. C’est un demi échec et le régiment est relevé en raison des pertes considérables qu’il a subies. Remontant en ligne à partir du début de novembre, il suit le recul allemand jusqu’à la signature de l’armistice. Par la Lorraine, il gagne l’Allemagne qu’il occupe à Bad-Dükheim puis sur la rive gauche du Rhin. Mathieu est démobilisé le 23 mars 1919. Il regagne Condat-lès-Montboissier. Il y décède en 1947, 10 ans avant son épouse.

 

3 réflexions au sujet de « Mathieu SIMONDET »

    Jean SIMONDET « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    16 septembre 2017 à 14 h 42 min

    […] se sont mariés à Echandelys le 6 octobre 1883 et Jeanne donne naissance le 10 avril 1885 à Mathieu, qui sera également soldat pendant la Première Guerre Mondiale, au Péaghier, dans la maison de […]

    Antoine Alfred CHEVARIN « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    7 novembre 2018 à 18 h 43 min

    […] germaines paternelles se marieront avec des soldats de la Grande Guerre (Eugène ECHALIER et Mathieu SIMONDET de Fournols) et son cousin germain paternel, Roch Félicien, sera aussi soldat pendant une bonne […]

    Jean Fernand CHEVARIN « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    7 novembre 2018 à 19 h 01 min

    […] germaines paternelles se marieront avec des soldats de la Grande Guerre (Eugène ECHALIER et Mathieu SIMONDET de Fournols) et son cousin germain paternel, Roch Félicien, sera aussi soldat pendant une bonne […]

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