Antoine TERRASSE

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Antoine est un des jeunes garçons qui a dû voir avec inquiétude se prolonger la Première Guerre Mondiale. Il naît au Mas le dimanche 25 avril 1897 à 11 heures du soir de Jean Marie Joseph et d’Anne DUMAS, tous deux originaires également du Mas où ils sont nés respectivement le 28 avril 1863 et le 24 juin 1876. Mariés à Echandelys le 26 septembre 1895, Antoine est leur premier enfant. Arrivent ensuite Joseph Marius le 18 mai 1900, Alice Pierrette le 7 juin 1902, Joffrette Marie Antoinette le 9 janvier 1915 et enfin Paul René le 27 août 1917. Antoine est certainement cultivateur lors de sa visite d’incorporation qui, guerre oblige, se déroule en 1916. Il mesure alors 1 m 69, possède des cheveux châtain clair et des yeux jaune verdâtre. Il ne présente pas de signe particulier. Il est incorporé le 8 janvier 1916 et arrive au 2e régiment de Zouaves le 10. Il est âgé de 18 ans. En raison de la période de formation nécessaire au maniement des armes, Antoine n’a pas dû monter au front avant juin 1916. Or le 9 juillet 1916, fortement éprouvé lors de la bataille de Verdun, son régiment est au repos à Chamouilley où il doit se reformer et reprendre l’instruction. Mais les Allemands accentuent leur pression sur Verdun, et, ayant pris Fleury-devant-Douaumont, ne sont qu’à 3 km de Verdun. Aussi, le 2e RZ est enlevé en automobile et cantonne le 15 juillet au matin dans les casernes de Verdun. Dans la nuit, il monte en ligne et reçoit l’ordre d’attaquer à 3 h 15 la crête qui relie Thiaumont à Fleury.

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EntréePoudriereFleuryJuillet1916

Personne n’a eu le temps de reconnaître le terrain et les mitrailleuses allemandes sont trop près des lignes françaises pour que l’artillerie soit efficace. Le régiment progresse de 300 à 400 mètres, au prix de lourdes pertes qui empêchent toute attaque ultérieure. Il s’accroche donc au terrain conquis qu’il arrive à conserver pendant 15 jours. Dans la nuit du 19 au 20 juillet, il attaque la poudrière de Fleury qu’il enlève, faisant plus de 300 prisonniers. Lorsqu’il est relevé le 28 juillet 1916, le 2e RZ a perdu 639 hommes. Il est dirigé en Lorraine où il se reconstitue en tenant le secteur de Nomény. Il remonte ensuite su Verdun où il tient du 1e au 10 novembre les abords est du fort de Douaumont dans des conditions difficiles. Antoine est muté le 14 novembre 1916 au 3e régiment de zouaves. Son nouveau régiment est en ligne dans le même secteur, sur les glacis autour du fort de Douaumont. Antoine y retrouve les mêmes conditions. Les bois n’existent plus. Le terrain argileux, maintes foies retourné par la mitraille est transformé sous l’action de la pluie et de la neige en une mer de boue gluante dans laquelle bon nombre de soldats périssent s’ils s’écartent des pistes. Les zouaves blottis dans les trous, sont plongés jusqu’au ventre dans l’eau boueuse, tiennent coûte que coûte malgré la faim car le ravitaillement n’arrive pas. Le 24 novembre, le 3e RZ est relevé et descend dans la région de Perthes où il reprend l’instruction. Il s’entraîne à sa prochaine offensive. Le 11 décembre, il part en camion pour Verdun et dans la nuit du 14 au 15, il est en ligne prêt à l’attaque. Les bombardements sont intenses. Au moment de l’assaut, beaucoup d’hommes n’ont en main qu’une baïonnette et une grenade car les fusils sont presque tous brisés ou rendus inutilisables par la boue. Malgré l’activité des mitrailleuses allemandes, le premier objectif est atteint. Mais le feu allemand et la nuit qui commence à tomber stoppent l’élan du régiment. Réorganisés, les hommes reprennent l’assaut à 2 heures du matin et atteignent l’ouvrage de Lübeck et la tranchée de Kaiserlautern, celle des Deux Ponts et dépassent le village de Bezonvaux. Les bois d’Hassoule et des Caurières sont atteints.

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BoisCaurieresAvril1916.jpg

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Relevé à partir du 18 décembre 1916, il gagne par camions la région de Vassy pour rejoindre début janvier le camp de Mailly. Il le quitte le 28 janvier pour aller par étapes sur Reims où il arrive le 15 février. Les étapes sont pénibles en raison du froid (les températures descendent à –15 ou –20° et les cantonnements sont en mauvais état). Après un court repos autour d’Hermonville, le 3e RZ occupe les bords du canal de l’Aisne vers la Neuville. Là encore, les pistes sont impraticables et les tranchées transformées en ruisseaux de boue. Le régiment y prépare la prochaine attaque. Mais les Allemands, après une importante préparation d’artillerie attaquent et rompent le front français sur deux brèches situées sur les flancs du régiment. Après une intense lutte, les Allemands rejoignent leurs positions de départ. La nuit qui précède l’assaut est froide et pluvieuse. A 6 heures, les zouaves franchissent le parapet. Mais les mitrailleuses allemandes crépitent et un puissant réseau encore intact défend les premières lignes allemandes. Presque tous les officiers sont tués. Les hommes se terrent dans les trous d’obus, attendant la baïonnette en main l’arrivées des Allemands. Le ravitaillement, sous la violence du tir allemand n’a pu se faire. Rares sont ceux qui échappent à la mort ou à la captivité. Le régiment est relevé dans la nuit du 18 au 19 avril et se place en réserve à proximité des premières lignes à l’ouest du canal de l’Aisne à la Marne. Le 19, il appuie le régiment russe qui est également rapidement décimé. Dans la nuit du 20 au 21, il est définitivement relevé et part cantonner à Fleury-la-Rivière. Les pertes s’élèvent à 100 tués, 200 disparus et 400 blessés. Il se repose ensuite en Lorraine, dans les régions de Toul et Lunéville et tient alternativement le secteur de Bauzemont. Le printemps règne en maître et la campagne forme un fort contraste avec les terrains désolés qu’il vient de connaître. Un théâtre du régiment est alors créé, qui prospèrera jusqu’à la fin de la période d’occupation, regroupant plus de 15 artistes. Antoine passe alors à nouveau au 2e RZ le 19 juin 1917. Ce dernier est également en Lorraine où il tient le secteur des bois Sainte-Marie et du Ranzey. Relevé le 6 août, il se dirige vers Gondreville près de Toul puis au camp de Romigny en arrière du Chemin des Dames. Le 11 septembre, il arrive à Bar-le-Duc et reçoit l’ordre de se préparer à exécuter une attaque en avant du village de Bezonvaux. L’attaque ayant été annulé, Il tient le secteur entre Bezonvaux et le fort de Vaux, non loin des secteurs dans lesquels Antoine avait combattu en 1916. Les pertes par gaz de combat sont sensibles, mais les zouaves abattent pendant cette période trois avions allemands. Relevé le 18 octobre 1917, il cantonne à Trémont et Lisle-en-Rigaut. Mais la cote 344 est menacée. Le régiment est alors sollicité pour détruire les installations du ravin Dasserieux. La veille de l’attaque, les Allemands, certainement prévenus, tentent un fort coup de main et réussissent à pénétrer les lignes françaises. Ils sont refoulés par une lutte acharnée à la grenade, puis un corps à corps où l’on se bat même à coups de poing. Dès le 25 a matin, les Allemands lancent un important tir de contre-préparation. La pluie qui tombait depuis quelques jours a transformé la terrain en une immense fondrière où les hommes risquent à chaque pas de s’enliser jusqu’au cou. Les objectifs ne sont que partiellement atteints et la position du 5e bataillon, en saillant, est particulièrement délicate. Il parfait l’ouvrage le lendemain, mais 787 hommes sont tombés pendant l’attaque. Le 1e décembre 1917, le 2e RZ quitte Dugny en chemin de fer pour un repos de 2 semaines dans la région de Bar-sur-Aube. Il gagne ensuite par étapes Monthureaux-sur-Saône puis reprend à partir du 21 janvier 1918 le secteur de Nomény et Clamery. Il y réalise de nombreux coups de main comme celui du 23 mars qui, s’enfonçant de 2 km dans les lignes allemandes, ramène 60 prisonniers et un important matériel au pris toutefois de 59 pertes françaises. Mais la situation d’Amiens est critique. Il est alors envoyé autour de Villers-Bretonneux où en liaison avec un corps d’armée australien, il organise et tient le secteur malgré les pertes et l’avalanche d’obus toxiques. A peine relevé, il est sollicité pour une nouvelle attaque et le 7 août au soir, il est dans ses positions de départ en face du bois de Moreuil. Le moulin de Thennes est rapidement enlevé et le combat dans le bois de Moreuil, acharné, est aidé par quelques chars d’assaut permet à la tombée de la nuit d’atteindre le cimetière du Plessis-Rozainvillers dont le village venait d’être repris par les régiments voisins. Il a fait plus de 300 prisonniers, pris 22 canons et de nombreuses mitrailleuses. Le lendemain, il avance encore de 4 km, puis le 10, franchir la cote 97, les villages d’Andechy et fléchissant sur la droite, atteint l’Avre aux portes de Roye. C’est certainement à cette occasion qu’il est cité le 16 août 1918 à l’ordre du régiment n°800.

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Seul en pointe et devant des troupes allemandes fraîches, le 2e RZ temporise. Il est relevé et 10 jours de repos lui sont accordés. Dès le 19 août 1918, il repart et une série de marches nocturnes l’amène le 27 au nord de Compiègne. Dès le lendemain, il participe à l’attaque qui doit mener à la reprise de Noyon. La Divette, grossie par les pluies, est rapidement franchie. La progression est relativement facile jusqu Larbroye. Puis les Allemands augmentent leur résistance afin de se retrancher en ordre sur le canal du Nord. Malgré tout, ce dernier est franchi dès le 29 par les éléments de tête du 2e RZ qui, après avoir pataugé dans les marais de la Verse sous un déluge d’obus toxiques, entre dans le quartier de Cavalerie et dans le hameau d’Happlincourt.

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Découvert sur son flanc gauche, le régiment s’installe entre la Verse et Happlincourt. Le 30, le mont Siméon, observatoire allemand est repris par le régiment. Début septembre, le régiment continue à avancer, s’arrêtant aux portes de la Fère le 7. Il part ensuite au repos, laissant 700 hommes sur le terrain. Antoine gagne certainement à cette occasion sa seconde citation à l’ordre du régiment n° 813 du 18 septembre. Le 23 octobre 1918, le 2e RZ est réengagé. Quittant Chauny, il se dirige en deux étapes vers la Serre et Anguilcourt, puis Port-Sée au matin du 27 octobre. En première ligne, sans réserves à l’arrière, il se lance à la poursuite des Allemands, franchissant une dizaine de kilomètres, s’arrêtant le soir en vue de la Hérie-la-Viéville. Placé sur un piton rocheux, protégé par un glacis de 2 km balayé par des mitrailleuses, le village est attaqué le lendemain.

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Le premier assaut est un échec. Les jours suivants se passent dans l’attente de l’artillerie, seule à même de détruire les ouvrage de protection. Dans la nuit précédant l’assaut, soit du 4 au 5 novembre, les Allemands évacuent le village pendant les premiers tirs de réglage de l’artillerie française. La poursuite reprend les jours suivants. Le 6, il atteint Féronval, Ambercy et la Chaussée. Le 9, il atteint Hirson et est placé en réserve de division. Il s’apprête à franchir la frontière avec la Belgique le 11 novembre lorsque la nouvelle de l’armistice arrive. Mais Antoine n’en n’a pas fini avec ses obligations militaires. Resté en France jusqu’au 12 mai 1919, il s’embarque le lendemain comme son régiment pour l’Afrique du Nord et reste au Maroc jusqu’au 10 septembre 1919. Il est alors renvoyé dans ses foyers le 18 septembre. A partir de janvier 1928, Antoine habite Aubière. Il devient alors vraisemblablement ouvrier brasseur. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, il est rappelé à l’activité le 23 août 1939 et est renvoyé chez lui le 12 septembre de la même année. Il décède à Clermont-Ferrand en 1963.

 

 

Une réflexion au sujet de « Antoine TERRASSE »

    […] respectivement le 28 avril 1863 et le 24 juin 1876. Mariés à Echandelys le 26 septembre 1895, Antoine, leur premier enfant, voit le jour le 25 avril 1897. Il sera également soldat pendant la Première […]

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