Félix Laurent Jean Marie VIALLIS

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Troisième enfant d’une famille de six, Félix voit le jour au bourg d’Echandelys, chez Antoine ANGLADE, son grand-père maternel, le mercredi 7 avril 1869 à 3 h du soir. Son père Jean, scieur de long, était né aux Enclos le 18 avril 1839. Il se marie le 31 août 1861 à Echandelys avec Anne Jeanne ANGLADE, née au bourg d’Echandelys le premier août 1840. Le couple donne tout d’abord naissance à Cécile Benoîte le 30 avril 1864, puis à Antoine le 5 avril 1867. Après Félix arrivent Marie Claudine le 23 octobre 1871, Jean le 24 mars 1874 (exempté, il ne participera pas au premier conflit mondial) et enfin Marie Cécile le 31 mai 1877. Les deux dernières filles seront modistes. Tous les enfants se marieront et tous, sauf Antoine et Félix, décèderont à Sauxillanges. Félix est certainement placé relativement tôt comme domestique, entre 12 et 14 ans, ce qui lui vaudra probablement d’être garçon d’hôtel lors de sa visite d’incorporation. Il mesure 1 m 68, possède des cheveux châtain clair et des yeux châtains. Son visage est ovale, avec un menton rond et une cicatrice à la joue droite. Il est incorporé au 30e bataillon de chasseurs à pied de Grenoble le 15 novembre 1890. Il est renvoyé en congé le 28 septembre 1893, muni de son certificat de bonne conduite. En octobre 1894, il habite Clermont-Ferrand, puis à Nancy, 25 rue de la Hache en décembre 1899 (rue qui sera bombardée pendant la Première Guerre Mondiale).

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C’est à cette époque vraisemblablement qu’il se marie avec Marie COLLIN, née à Nancy le 10 juillet 1870. En 1901, le couple revient à Echandelys et Suzanne Jeanne voit le jour le 27 mai 1901. Sans profession définie, Félix tient peu de temps après l’hôtel Viallis, situé sur la place de l’église. Il y accueille sa belle-mère Suzanne LAURENT (qui va y décéder en 1908) et un domestique, Jean JOURNES, né à Clermont-Ferrand en 1879. Suzanne Jeanne meurt à l’âge de 4 ans en juin 1905. En 1906, les affaires progressant, il emploie Alexandrine FERAUDET, née en 1891 à Echandelys, comme domestique, et Pascal MALATRE, né en 1878 à Job, comme conducteur. Raymond Laurent Jean naît le 15 avril de la même année.

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Est-ce Félix que l’on voit sur cette carte postale, avec se femme et sa belle-mère à sa gauche ? Mais la guerre rattrape notre hôtelier qui arrive au 99e RIT le 19 avril 1915. Il est alors âgé de 46 ans. Sa femme est malade et la situation paraît difficile :

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Félix semble rester à l’arrière mais les 15 septembre 1915 et 6 décembre 1915, la CS de Clermont-Ferrand le reconnaît apte au service de campagne ! Il part donc probablement plus près des zones de combat. En effet, bien qu’étant un régiment territorial, le 99e combat aux tranchées comme en témoigne l’Historique du régiment : Au cours de l’année 1915 et de l’hiver 1915-1916, les territoriaux du 99e subissent un bombardement continuel d’obus, de torpilles, bombardement souvent intense et suivi d’attaques partielles toujours repoussées ; les pépères subissent bravement le choc, tuent beaucoup d’assaillants et font des prisonniers. Pendant des mois et des mois, ils se donnent entièrement à leur tâche, avec un inlassable dévouement; et, malgré les pertes sensibles qu’ils subissent journellement, nos vétérans attendent patiemment la victoire finale qui les rendra à leurs foyers, à leurs femmes et à leurs enfants, avec la fière conviction qu’ils auront bien contribué par leurs efforts continus à chasser l’ennemi du pays. (Historique du 99e Régiment d’Infanterie Territoriale pendant la Guerre. Tours. Maison Alfred MAME et Fils, imprimeurs).

Pendant cette année il a pris pied dans les bois d’Hirtzbach et, comme en témoigne la carte ci-dessous, a repris des activités familières à bon nombre de ses soldats.

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Il participe également à diverses progressions vers Bisel et réalise une organisation défensive contre laquelle l’ennemi est venu plusieurs fois se heurter en vain.

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Puis, le régiment part quelques kilomètres au sud début de février 1916, alors les Allemands bombardent violemment tous les villages de la vallée de la Largue. Le 8, à 22 heures, les bataillons du 99e territorial stationnés à Rechisy (3e bataillon ) et Florimont-Couralles (4e bataillon) reçoivent mission permanente d’assurer la surveillance et de tenir la première ligne de résistance, face à la Suisse, sur la partie de frontière comprise entre la borne des 3 puissances (borne n° 4056 de la carte d’état – major allemande au 1/20000) et la route de Courcelles-Montignez.

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Le 16 février, le régiment est relevé et après un séjour de quelques jours à Giromagny, gagne Montbéliard, puis la région Blamont- Meslières, où il arrive le 29 février. Sa mission est alors d’interdire à l’ennemi, sur le front Delle-Saint-Hippolyte, les incursions de ses éléments légers par la Suisse, et de tenir sur les positions organisées pour permettre l’arrivée des renforts.

Du 10 au 13 mars, le régiment fait mouvement vers le nord et vient occuper, à partir du 17 mars, 30 kilomètres plus loin, les deux centres de résistance de Michelbach sud et Michelbach nord, où les cantonnements sont, comme ceux précédemment occupés dans la vallée de la Largue, soumis à des bombardements journaliers, au cours desquels le 99e éprouve des pertes sensibles. Le régiment reste dans la région de Thann jusqu’au débute de l’année 1917.

Relevé le 17 mars 1917, il part alors pour Verdun où il arrive le 18. Le 22, Félix est muté au 98e RI !! Cela parait invraisemblable car ce dernier combat en première ligne. Félix assiste alors tout d’abord au recul allemand dans l’Oise, puis son régiment est employé à partir du 23 mars et pendant une semaine à la culture des champs et à la réfection des routes autour de Muirancourt et de Guiscard. Le 1er avril, il se rend à Ham puis remonte en ligne le lendemain dans les secteurs de Douchy, Fluquières, et Aubigny. Les villages sont presque totalement détruits et les abris y sont rares. Il y réalise quelques travaux de 2e ligne. Le 5, il occupe Roupy et son parc. La neige tombe en abondance. Il se déplace vers Grand-Séraucourt. Le canal de la Somme est détruit et la vallée est transformée en un marais de 800 à 1000 mètres de largeur. Relevant le 92e RI à Castres, Gauchy, Contescourt et Giffécourt , il devient une cible permanente pour les Allemands, les villages étant totalement détruits. Les tranchées sont totalement détruite et l’ennemi, de la cote 121 et de la cathédrale de Saint-Quentin observe tout le secteur.

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Les préparatifs d’une attaque visant à prendre la ligne Hindenbourg font rage. Le mauvais est continuel : tourmente de neige, pluie, froid. La vie est très dure dans les tranchées. Le 12 avril, le temps se remet au beau. L’attaque a lieu le lendemain avec comme objectif la prise de la sucrerie de la Biette. Atteinte dans la journée, elle doit être abandonnée lors d’une contre-attaque allemande. Un nouvelle tentative est effectuée le soir à 18 h 30, sans plus de succès. A 22 heures, le 98e RI est relevé et se reconstitue au Plessis-Patte d’oie en raison de ses importantes pertes. Le 7 mai 1917, il remonte devant Saint-Quentin dans le secteur du Pis-Aller et du Moulin-sous-Touvent. Le secteur est calme sauf en première ligne et récemment repris aux Allemands. Il demande à être réorganisé. Le 29 mai, le régiment abandonne une de ses tranchées avancées lors d’un vigoureux coup de main allemand. Relevé dans la nuit du 9 au 10 juin, le 98e RI part se reposer au Grand-Séraucourt. Toutes les nuits, il participe à des travaux de 2e ligne entrepris à plusieurs km du cantonnement. Le 22 juin, il remonte en ligne à Moulin-sous-Touvent, Gauchy et Grugies. Les pertes y sont rares, le secteur étant bien aménagé. Il part pour un mois de repos à partir du 29 juin à Villeselve et Cugny, mais sait qu’il participera ensuite à une importante attaque. Félix n’en fera pas partie car il est détaché comme apiculteur à Echandelys le 20 juillet 1917. Il est définitivement démobilisé le 30 novembre 1918. Sa femme meurt au bourg en mai 1921, seulement un an avant son mari. Son parcours militaire est totalement surréaliste. Est-ce une erreur de sa fiche matricule ? Sur cette dernière, il est également mentionné qu’il est libéré du service militaire le 1e octobre 1916. Seuls des témoignages directs pourraient nous en apprendre plus …

 

 

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