Marie Antoine Alfred VIALLIS

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Il voit le jour au bourg d’Echandelys chez Antoine COUDEYRAS, son grand-père maternel, le lundi 26 octobre 1885. Son père Jean Louis Gustave, né à Lospeux le 20 août 1856, est instituteur, ce qui rend difficile l’étude de la famille en raison de sa mobilité géographique. Lors de la naissance de son fils, il exerce son métier à Paslière. Il se marie à Echandelys le 16 juillet 1881 avec Jeanne Marie COUDEYRAS, originaire du bourg d’Echandelys où elle est née le 5 juin 1861. Avant Alfred, est née au moins une fille, Augusta Marie Adélaïde, à Saint-Rémy-sur-Durolle (hameau de Puy Cervier) le 26 décembre 1881. Elle meurt malheureusement chez Antoine COUDEYRAS le 7 avril 1883. Après Alfred, arrive au moins un garçon, Paul Jean Antoine, au bourg d’Aix-la-Fayette, le 9 janvier 1894. Il sera également soldat pendant la Première Guerre Mondiale.

La famille habite Saint-Martin-des-Plains, près de Sauxillanges lors de la visite d’incorporation d’Alfred. Futur facteur receveur, il mesure 1 m 63 et possède des cheveux noirs et des yeux gris. Son visage ovale s’orne d’un menton rond et d’un front étroit. Il est affecté au 13e escadron du train et des équipages où il arrive le 7 octobre 1906. Il est rendu à la vie civile muni de son certificat de bonne conduite le 25 septembre 1908 et regagne Saint-Martin-des-Plains. Il se marie le 25 mai 1912 à Brousse avec Marie Antoinette Félicie CHAUTARD. Comme facteur des Postes, il n’est tout d’abord pas concerné par la guerre. Mais le 15 août 1915, son absence d’affectation est remise en cause et le 26, il regagne le 13e escadron du train. Il est âgé de 29 ans. Comme pour tout soldat faisant partie de ce type d’unité, il nous est impossible de retracer son parcours géographique. Rapidement toutefois, il passe au 16e RAC d’Issoire le 31 août 1915. Il y bénéficie d’une période de formation et passe le 30 novembre 1915 au 56e RA. Depuis la fin du mois d’octobre, les trois groupes sont réunis et mis en position devant la cote 193, à l’est de Souain. Dans ces vallonnements dénudés ou la craie et la pluie rendent très difficile le camouflage, les services de renseignements ont découvert à peu près tous les ouvrages qui font l’objet de nombreux tirs. Le secteur devient de plus en plus dur. Le 26 décembre 1915, la division entière est relevée et le 56e RA en profite pour se reconstituer dans la région de Ville-en-Tardenois.

En février 1916, il remonte en ligne dans le Soissonnais et y restera jusqu’en juin. Il se retrouve à l’est de Soissons, dans une zone s’étendant de Soupir à Vailly. Le front y est calme et le paysage, accidenté et boisé se prête bien au camouflage. Les abris sont sûrs. Le régiment travaille activement à organiser de nouveaux emplacements, préludes à une nouvelle offensive projetée pour 1917. Fin juillet 1916, le régiment part pour Verdun et se met en place dès le 2 août sur le front Thiaumont-Ravin de la Dame. La relève est particulièrement difficile, s’effectuant sous un intense bombardement d’obus de tous calibres, explosifs ou toxiques. Le régiment se déploie sur la crête de Belleville, au sud du fort Saint-Mihiel et sur les pentes de Froideterre.

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Il permet dans les jours qui viennent de prendre l’ouvrage de Thiaumont, au prix de ravitaillements et de tirs incessants, malgré les tirs allemands et les canons qui éclatent, surchauffés par les tirs.

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Après une quinzaine de jours de repos, le régiment prend en défense le front de Fille Morte – Boureuilles. Les positions sont bien dissimulées et le pays est agréable. Alfred en profite pendant un peu plus d’un mois et est ensuite muté au 116e RAL le 25 octobre 1916. Ce dernier est positionné autour de Vauquois. L’activité y est faible et une longue période de pluie va encore réduire la fréquence des tirs. Un partie du personnel est alors employé à l’amélioration des liaisons du secteur par voie étroite. Au cours du mois de novembre 1916, les dépôts ont pu être reliés par voie de 0,60 et 0,40 mètre. Puis l’hiver s’annonce rigoureux. Il neige abondamment. Le 23 janvier 1917, il s’établit plus à l’est, dans les bois de Dombasle et d’Esne. Son rayon d’action englobe le Mort-Homme et la cote 304 où l’activité est fréquente. Début février 1917, deux batteries partent pour le bois de Lombéchamp. Le déplacement est rendu pénible par une épaisse couche de neige. Le 18 mars, il contribue à repousser une attaque allemande sur le Mort-Homme et la cote 304. Avec le beau temps, l’activité devient plus grande. Les mois de juin et de juillet 1917 voient un renforcement et une redistribution de l’artillerie française en vue d’une prochaine offensive. Les Allemands devenant nerveux multiplient les attaques mais perdent du terrain en particulier sur la cote 304. De nombreuses batteries allemandes sont progressivement pilonnées et détruites. Les pièces de 370 et 400 s’efforcent d’écraser les abris et d’obstruer les entrées des ouvrages allemands du Mort-Homme.

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L’attaque française est déclenchée le 20 août 1917. Rapidement, le ruisseau de Forges est occupé de Béthincourt à la Meuse. Le Mort-Homme et la cote de l’Oie sont reprises. Le régiment fait de nombreux prisonniers et récupère un matériel considérable. La cote 304, qui a résisté à l’attaque, est prise de flanc par les tirs français et tombe le 24. Le 21, le régiment avance ses batteries dans un sol complètement dévasté et chaotique et prend position au Mort-Homme et au ravin de Curlu. Dans les jours qui suivent, les convois de ravitaillement sont pris pour cible. Le 4 octobre 1917, le régiment est relevé. Un moment séparés, les groupes gagnent Belfort où ils arrivent le 3 novembre. Le lendemain, il gagne le secteur de Ballesdorf en Alsace et y appuie aussitôt un coup de main sur le saillant du Schonholtz (à 3,5 km au nord d’Altkirch). Le 7 novembre, le saillant est enlevé et l’ennemi ne réagit que le 17 par des tirs à obus toxiques. Retiré du front, le 116e RAL cantonne à partir du 21 novembre à Massevaux près de Thann, puis remonte sur Guevenheim. Le 4 décembre, les avions ennemis effectue de nombreuses reconnaissances et dès le lendemain, le régiment est bombardé pendant 3 jours par des obus de 210. Le 10 décembre, la section la plus bombardée change de position. Du 15 décembre à fin janvier, toute la région est sous la neige, ce qui rend les communications difficiles. Début février, dès la disparition de la neige, plusieurs batteries lourdes viennent en complément en vue d’une prochaine attaque. Aspach-le-Bas est détruit. Le 23 février 1918, l’attaque engagée est partiellement un succès mais réveille les Allemands Fin mars, le 116e RAL est relevé pour gagner l’Oise par voie ferrée. Il reste en réserve autour de Beauvais où il prépare l’installation éventuelle de l’artillerie dans la région. Le 12 avril, il part par Amenil, Escames, Agnières, Thieulloy, Fourdrinourt et Vignacourt pour atteindre Hem le 19. Il y reste 8 jours et s’emploie à la remise en main du personnel et à la remise en état du matériel. Il est ensuite mis à la disposition de l’armée du Nord. Dans la nuit du 3 au 4 mai, il prend position au sud-est de Poperinghe. Un observatoire commun est établi sur le mont Noir.

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Du 6 au 20 mai 1918, plusieurs coups de main rectifient le tracé du front à l’avantage des Alliés. Ce dernier est avancé jusqu’au sud de l’étang de Dickebush. Le 20 mai, une attaque permet de progresser jusqu’au Mont Kemmel, faisant 530 prisonniers. Une contre-attaque allemande est repoussée le 23 mai. Les liens avec l’aviation sont renforcés et un poste TSF reliant le Mont Noir aux batteries est installé. Les Allemands restent actifs mais une offensive de leur par sur Calais semble peu probable. Dans la nuit du 10 au 11 juillet, le 116e RAL est relevé et se regroupe vers Rexpede et Abeele. Démantelé, ce qui reste du 116e RAL est transporté par Fontainebleau dans la région de Givry-en-Argonne puis à Saint-Médard-sur-le-Mont où il stationne jusqu’au 24 juillet. Il se dirige ensuite dans la région de Nancy. Le front de Lorraine est calme et les batteries sont très éloignées les unes des autres. Afin de ménager les munitions, aucun tir n’est effectué. Le 4 septembre, le régiment est embarqué par voie ferrée et arrive le lendemain à Lizy-sur-Ourcq et à la Ferté-sous-Jouarre. Les Allemands restent accrochés sur les hauteurs entre Vesle et Aisne. Devant la résistance allemande, le régiment est enlevé et porté, après avoir franchi l’Ailette, devant la forêt de Saint-Gobain. Le secteur est calme mais les ravitaillements sont fréquemment bombardés et soumis à des tirs de mitrailleuses qui compromettent, en plus de la mauvaise installation, l’état sanitaire des chevaux à un moment où la guerre de mouvement risque de reprendre. En effet, les Allemands se replient dans la nuit du 11 au 12 octobre. Mais les routes ont été totalement sabotées, les entonnoirs d’explosion régulièrement traités à l’ypérite. La route en Fresnes et Saint-Gobain par exemple a été coupée en 22 endroits. Les canons de 7 tonnes du régiment mettent 3 jours à passer. Le 15, les hommes atteignent Fressancourt. Seul un groupe qui a des canons plus légers est en avant et suit l’artillerie de campagne. La grippe crée en plus de nombreux vides. L’avancée est difficile en raison de la résistance allemande. La Serre est franchie le 25 octobre par l’infanterie, mais le régiment ne parvient pas à passer la rivière, les ponts étant systématiquement détruits par l’artillerie allemande. Ce n’est que début novembre que l’artillerie lourde avance. Mais la retraite allemande est bien entamée le 5 novembre, couverte par des destructions soigneusement organisées. Elle est tellement rapide que seules des unités d’artillerie allégées peuvent garder le contact avec les fantassins. La cavalerie du régiment, dans un état lamentable, est incapable de suivre le mouvement. C’est à Landouzy-la-Ville et à Vervins que les groupes prennent connaissance le 11 novembre de la signature de l’armistice.

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Le régiment reste à Vervins jusqu’au 18 décembre 1918. La région est presque intacte et abonde en ressources multiples, en particulier en foin, ce qui permet de remettre les chevaux sur pied. Les hommes et les animaux s’emploient à réparer les maisons, à rapatrier les réfugiés du Laonnois et à cultiver les champs. Fin décembre, il gagne la région de Pont-Sainte-Maxence, plus désolée, rendant difficile le cantonnement. La neige oblige à un repos goûté par tous. Ses effectifs étant progressivement démobilisés, il se dirige sur Lille et cantonne définitivement le 17 mars à Wambrechies. Là encore, les dégâts dus à la guerre rendent les conditions des cantonnement particulièrement difficiles. Le 20 mars 1919, Alfred est démobilisé et regagne Brousse. Facteur à Manglieu à partir de 1920, il y décède en 1950.

 

 

 

Une réflexion au sujet de « Marie Antoine Alfred VIALLIS »

    Paul Jean Antoine VIALLIS « Echandelys et la Grande Guerre a dit:
    20 octobre 2017 à 10 h 17 min

    […] chez Antoine COUDEYRAS son grand-père maternel à Echandelys le 7 avril 1883), puis un garçon, Marie Antoine Alfred, le 26 octobre 1885, qui sera également soldat pendant la Première Guerre […]

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