Jean Joseph Marius BESSET

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BESSET J J M 1884 Portrait

CroixGuerreetoilargent

D’une famille originaire de Saint-Germain-l’Herm, Marius est l’un des deux médecins présents sur le territoire de la commune d’Echandelys. Tous deux seront concernés par le premier conflit mondial, étant médecins au front. Marius voit le jour au Sapt le 4 septembre 1884.

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Son père, Jean Henri y est agriculteur. Marié à Françoise FAUGERE, le couple donnera naissance à huit enfants. Une fille, Jeanne Marie Claudine, arrive tout d’abord le 11 mars 1874, suivie par deux garçons, Jean Joseph le 25 avril 1876 (également agriculteur, il se marie en 1927 à Compains), puis Antoine Jean le 14 décembre 1878 (il meurt à Vic-le-Comte en 1965). Andrette Jeanne Marie précède Marius de deux ans, naissant le 6 août 1882. Après Marius, viennent au monde Jean Antonin le premier décembre 1886 (étudiant en médecine à Montauban, il meurt de maladie chez son frère au bourg d’Echandelys le 31 août 1912), Jean Antoine le 6 mai 1890 (marié à Perpignan en 1919, il meurt à Saint-Etienne en 1948) et enfin Marie Virginie le 26 novembre 1893 (mariée deux fois à Saint-Germain-l’Herm, elle décède à Montluçon en 1960).

Etudiant en médecine, Marius s’engage pour trois ans en mairie de Clermont-Ferrand au 92e RI le 31 octobre 1904. Il mesure 1 m 60, possède des cheveux bruns et des yeux noirs. Son visage ovale au menton rond ne présente pas de particularité. Il est renvoyé dans ses foyers le 23 septembre 1905 et reprend alors ses études de médecine, tout d’abord à Clermont-Ferrand (il habite alors 21 rue des Jacobins), puis à Toulouse à partir de 1909. Nommé médecin auxiliaire des réserves le premier août 1908, il est affecté à la portion mobile du 105e RI, puis du 305e RI le 25 février 1909. Ayant terminé ses études, il est nommé médecin major de 2e classe par décret le 29 décembre 1910. Il se marie à Echandelys le 9 avril 1912 avec Marie Francine CHOUVET (née au bourg le 21 juillet 1892 et dont le père Alfred est facteur receveur). Sa femme est orpheline de mère puisque Marie CAMUT est décédée à Echandelys le 15 janvier 1902. Un seul enfant naît de cette union, Jean François, le 5 mars 1913. Receveur buraliste à Echandelys, non loin de la place principale, il va mourir à Clermont-Ferrand en 1983.

A la déclaration de la guerre, Marius rejoint le 105e RI de Riom le 2 août 1914. De nombreux autres habitants d’Echandelys le rejoignent également ce régiment et, après une marche dans l’après-midi du 6 août par Saint-Bonnet et Châtel-Guyon, où on l’acclame au passage, il s’embarque à Riom le 7, à 13 heures. Il arrive le 8 dans la région d’Epinal, destiné à prendre part à l’offensive de Lorraine. Le 11 août il quitte ses cantonnements et se porte à la rencontre de l’ennemi qui, après avoir franchi la frontière, s’est replié en incendiant de nombreux villages. Ce sont d’abord de pénibles marches par une chaleur accablante et enfin le 14 août, à 10 heures, le contact est pris à Badonvillers avec les Allemands. L’artillerie allemande crible le village de ses projectiles afin de retarder l’avance française. Le régiment arrive le soir devant Cirey et se heurte à une position fortement organisée. Les hommes sont exténués de fatigue après une journée entière de marche par une chaleur torride, mais avant que l’artillerie puisse se mettre en position, deux charges à la baïonnette sont ordonnées sous une grêle de balles et d’obus, à travers le plateau qui s’étend entre Petitmond et Cirey et qui coûte de nombreuses pertes sans avantage puisque le lendemain 15 août, le régiment revient un peu en arrière. Les Allemands ayant quitté Cirey, la poursuite est reprise le 16 et la frontière passée à Lafrimbole à 13 heures. A la tombée de la nuit les soldats entrent à Saint-Quirin.

Le 17 août le 105e RI se porte en deux colonnes sur Abreschwiller qu’il dépasse pour aller organiser une position en avant.

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Le 20 août, il reçoit l’ordre d’attaquer avec deux bataillons en direction d’Hartswiller-Carrière et Plaine-de-Walsch, mais malgré un tir violent de l’artillerie lourde adverse, il n’est pas déploré de perte. Le régiment trop avancé reçoit l’ordre de se replier d’abord sur Hartswiller, puis dans la nuit de revenir à Abreschwiller. Le 21 août, à 7 h. 30, les Allemands attaquent à leur tour dans la direction de Voyer-la Valette. Le 105e RI, alors en réserve, est alerté et ses 2e et 3e bataillons se portent au nord d’Abreschwiller, le 2e bataillon près de l’artillerie, le 3e bataillon à droite vers la Valette. L’ennemi est reçu par les feux d’infanterie, puis chargé à la baïonnette, mais le retrait d’unités voisines oblige les deux bataillons à se replier en laissant sur le terrain de nombreux tués et blessés (dont Ambroise Jean Claude BARRIERE). Après avoir traversé Baccarat le 23 août, le régiment arrive à Rambervillers où le recul est définitivement arrêté. Il commence alors à creuser des tranchées sommaires dans les bois situés au nord de Rambervillers et subit quelques attaques locales. Il est relevé le 11 septembre 1914 pour gagner en train la région de Carlepont dans l’Oise, à la poursuite des Allemands après leur défaite sur la Marne. De violents combats ont alors lieu dans les bois au sud de Carlepont afin d’en chasser les Allemands. Ceux-ci contre-attaquent le 19 à 5 h 50 et s’avancent jusqu’à 50 m du château de la Quenoterie qu’ils ne peuvent atteindre. Ils doivent alors battre en retraite, laissant de nombreux morts et blessés.

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Le lendemain, suivant la retraite allemande, le 105e RI progresse vers le nord et s’empare par surprise du village de Plessier-du-Roye. Par contre, toutes les tentatives pour enlever Lassigny sont des échecs, de même pour les jours suivants. A partir du 24 septembre 1914, le régiment organise donc son secteur de Plessier-du-Roye et fait ses premiers apprentissages de la guerre de tranchées. La plupart des travaux ne se font que de nuit pour éviter les pertes. Les tranchées et boyaux sont creusés et les réseaux de fil de fer sont placés au milieu d’alertes continuelles et comme le moindre bruit déclenche une fusillade nourrie de la part des Allemands, les soldats abandonnent bien vite la pelle pour le fusil.

Transporté en chemin de fer, le 105e RI arrive le 14 novembre en Belgique, puis embarqué en camions, monte en ligne à l’est de Zonnebecke, à l’extrémité du saillant d’Ypres. Pour s’y rendre, il n’existe qu’une seule route sur laquelle, jour et nuit, les obus se croisent venant de toutes les directions. La chaussée pavée est insuffisante pour les ravitaillements et les colonnes de troupes ; celles-ci étant obligées d’emprunter les bas-côtés où les hommes s’enlisent parfois jusqu’aux genoux. Les tranchées sont à moitié effondrées autant par l’effet de la pluie que par celui des obus, transformées parfois en ruisseaux. Presque journellement l’ennemi attaque. Le 17 novembre, les Allemands attaquent sur le carrefour de Broodesinde après une violente préparation d’artillerie lourde. Le 105e RI aide le 92e RI de Clermont-Ferrand à reprendre les tranchées momentanément perdues.

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Le 26 novembre 1914, tout le régiment se déplace pour tenir le front entre Zonnebecke et Molenaarelstock. Le 27, après une violente préparation d’artillerie, les Allemands attaquent à nouveau, action également repoussée. L’attitude de Marius à cette occasion lui confère une citation à l’ordre de la 26e division le 6 décembre 1914 : a montré le plus grand dévouement et a organisé son service avec le plus grand courage soit pendant, soit après le combat du 27 novembre 1914.

Début décembre, il revient en France et se réorganise à Moyvilliers dans la région de Compiègne et reçoit des renforts, nécessaires en raison des pertes subies depuis le début du conflit.

Le 27 décembre 1914, il monte en ligne dans le secteur d’Erches dans la Somme. La guerre de tranchées commence. Mais de tranchées, il n’y en a guère. Il faut alors exécuter tout un travail d’organisation, creuser tranchées et boyaux de communication, créer des abris dignes de ce nom. Afin de ne pas attirer l’attention des Allemands, les plus gros travaux ne peuvent être réalisé que de nuit. La pluie et le froid rendent le séjour pénible, bien que le secteur soit relativement calme. Périodiquement chaque bataillon part au repos dans des villages pratiquement vidés de leurs habitants.

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Le service de guetteur est pénible : Surveiller l’ennemi sans trêve jour et nuit en risquant la balle du tireur adverse ou l’éclat d’obus qui ne pardonne pas quand on n’est pas en faction il faut travailler. Les minen, les shrapnels vous frappent partout : à la tranchée, au travail, au repos dans un mauvais abri ; aucun moment de détente, en secteur aucune sécurité nulle part, fatigues et dangers sont supportés vaillamment par tous. (Historique du 105e RI).

Dès que la première ligne est suffisamment organisée, des sapes sont réalisées vers le bois Carré fortement défendu et dont les Français veulent s’emparer. Mais le 105e RI n’en verra pas les effets car il est relevé fin juin 1915 pour occuper le secteur de Marquivillers. Le 23 juin 1915, Marius est lui affecté au 243e RI. Son nouveau régiment vient d’attaquer le bois Zeppelin, entre Reillon et Leintrey, dans la région de Moncel-lès-Lunéville et organise le terrain conquis lorsqu’il le rejoint. Le 28 juin, il réalise une manœuvre de diversion qui ne cause que peu de pertes. Le 8 juillet 1915, il est relevé pour gagner en camions Laneuvelotte et Bouxières-aux-Chênes où il reste en réserve de la 68e DI. Fin juillet, il part pour les Vosges où il doit participer à l’attaque sur le Lingekopf. Il reste à Plainfaing pendant dix jours et n’est pas engagé dans la bataille. Le 3 août, il est ramené en Lorraine et reprend le 7 le secteur d’Erbeviller sur le Grand Couronné de Nancy. Patrouilles et bombardements maintiennent une certaine activité. Le 6 août, il recueille au petit matin quatre soldats russes évadés d’une usine allemande. Après plusieurs coups de main de part et d’autre, le régiment est relevé le 15 octobre 1915 et porté au repos à Laneuvelotte.

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La période de travail et d’instruction se poursuit jusqu’au 17 novembre, date à laquelle il occupe la zone de Quercigny à Lanfroicourt. Le secteur est calme mais la rigueur de l’hiver rend le séjour pénible. C’est une lutte constante contre la boue et la vallée de la Seille est transformée en bourbier sur une largeur qui atteint parfois 400 mètres. Le 243e RI reste dans ce secteur jusqu’au 24 janvier et doit en février 1916, aller dans un camp d’instruction. C’est sans compter avec la formidable poussée allemande sur Verdun. Le régiment y est rapidement transporté et dès le 13 février, il stationne près de Bezonvaux et du fort de Douaumont. A partir du 21 février 1916, il subit un bombardement ininterrompu et le 24 février à 13 heures, les Allemands attaquent sur le bois des Fosses et de Chaume.

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Rapidement débordés, les François doivent se replier. Le poste de secours installé dans le bois de Chaume est pris, de même que son personnel médical et les blessés sérieux qui n’avaient pu être évacués en raison de l’intense bombardement. Devant l’ordre de repli, les petits blessés avaient été évacués. Le personnel médical est alors fait prisonnier, dont Marius alors médecin aide-major de 1e classe :

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Considéré comme disparu, il est en fait interné tout d’abord à Mayence, puis à Villingen. Le personnel médical faisant l’objet d’un traitement particulier, Marius est libéré mi-octobre 1916 et rentre à l’Hôtel-Dieu de Clermont-Ferrand le 17 octobre. Il en sort six jours plus tard puis part en convalescence pour deux mois, vraisemblablement à Echandelys. Il est réhospitalisé le 22 décembre 1916 à l’hospice mixte de Clermont-Ferrand puis est envoyé pour traitement au centre de médecine générale de Vichy, hôpital 75/44 (hôtel Ruhl) le 30 décembre 1916, vraisemblablement en raison de problèmes digestifs liés à sa captivité.

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Il est envoyé en congé de convalescence pour un mois le 26 février 1917. Le 26 mars 1917, il est affecté au camp Baraque de Bourg-Lastic, faisant office de camp de prisonniers pendant la Première Guerre Mondiale.

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Il est démobilisé le 11 mars 1919 et regagne Echandelys. Il y conservera son activité médicale jusqu’à la retraite. Il est admis à pension temporaire avec invalidité à 15 % pour troubles gastro-intestinaux par les CSR de Clermont-Ferrand de 1930, 1931, 1934, 1935 et 1936. A la fin des années 1920, le Dr BESSET est conseiller municipal de la commune d’Echandelys pendant deux mandats. Il est en effet réélu en 1929 avec 103 voix. Egalement conseiller d’arrondissement et délégué cantonal, il reçoit les palmes académiques en 1933. Il s’éteint à Echandelys en 1960.

 

 

Une réflexion au sujet de « Jean Joseph Marius BESSET »

    […] Couches-les-Mines en Saône et Loire, sa région d’origine, le 16 décembre 1921, laissant le Dr BESSET également soldat pendant la Première Guerre Mondiale, seul praticien […]

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