Etienne GRENIER

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Originaire de la Chapelle-Agnon, Etienne y voit le jour le samedi 11 mai 1872 à 6 heures du matin au hameau de Peyre-Couche. Il semble être le seul enfant d’Antoine, cultivateur et de Marie FARCE son épouse. Antoine décède le 22 août 1881, alors qu’Etienne n’a que 9 ans. Nous le retrouvons à Echandelys, au hameau de Labat, alors qu’il exerce la profession de marchand de beurre. Il arrive dans la commune entre 1886 et 1891, accompagné de sa mère. En 1891, Jeanne CROS, âgée de 14 ans, domestique, complète la famille.

Etienne habite encore à Echandelys lors de sa visite d’incorporation. Il mesure 1 m 65, possède des cheveux châtain clair et des yeux bruns. Son front est large, ornant un visage ovale, avec un menton rond. Il est dispensé du service militaire en 1892 comme fils unique de veuve, mais est incorporé l’année suivante au 92e RI de Clermont-Ferrand, le 11 novembre 1893. Il est renvoyé dans ses foyers le 25 septembre 1894 et regagne Echandelys. L’année suivante, le 27 avril 1895, il se marie à Condat-lès-Montboissier avec Anna Russias CHADUC, originaire du hameau de Chantagrel où elle est née le 27 mars 1874. Le couple va désormais habiter au bourg de Condat et Etienne devient épicier. Le couple donne naissance le 2 novembre 1896 à Barthélémy Antoine Victor au hameau de Chantagrel. Il va certainement décéder entre 1906 et 1911. Il est suivi par Pierre Alphonse qui naît au bourg de Condat le 17 mars 1896 (il va s’y marier en 1924 avec Amélie Marcelle VIALLIS). La dernière enfant connue du couple est Léonie, née à Condat en 1905.

A la déclaration de la guerre, Etienne arrive au 99e RIT de Clermont-Ferrand le 16 octobre 1914. Il est alors âgé de 42 ans. Il y rejoint de nombreux compatriotes. Son régiment gagne Lyon par voie ferrée le 16. Il y tient un front de 30 km jusqu’au 20 octobre 1914, avec un intermède dans le camp de la Valbonne où il fait des manœuvres et s’entraîne au tir. Le 20 octobre 1914, le régiment quitte la place de Lyon et se rend par voie ferrée à Belfort, où il arrive le 21. Il sert à verrouiller la trouée de Belfort et est mis en ligne dans la région Largitzen, Ubertrass sur la Largue, aux environs de Seppois. La guerre de positions commence pour le 99e RIT.

Le 8 novembre, une section de la 8e compagnie, appuyée par une fraction de cyclistes, un détachement de génie, exécute une reconnaissance offensive sur un poste ennemi fortement retranché à 1800 mètres au nord-est de Largitzen. A 5 h. 45 du matin, la reconnaissance arrive à 50 mètres de l’ennemi, mais ne peut pousser plus loin en raison des fortes défenses accessoires des Allemands. Accueillis par un feu violent, les soldats se maintiennent toute la journée sur la position.

Largitzen.jpg

Durant tout l’hiver 1914-1915 et pendant l’été 1915, de telles offensives se multiplient, sans résultat sur le terrain. Pendant toute l’année 1915, le 99e RIT reste dans la région de Seppois.

Seppois

Bien qu’étant un régiment territorial, le 99e combat aux tranchées comme en témoigne l’Historique du régiment : Au cours de l’année 1915 et de l’hiver 1915-1916, les territoriaux du 99e subissent un bombardement continuel d’obus, de torpilles, bombardement souvent intense et suivi d’attaques partielles toujours repoussées ; les pépères subissent bravement le choc, tuent beaucoup d’assaillants et font des prisonniers. Pendant des mois et des mois, ils se donnent entièrement à leur tâche, avec un inlassable dévouement; et, malgré les pertes sensibles qu’ils subissent journellement, nos vétérans attendent patiemment la victoire finale qui les rendra à leurs foyers, à leurs femmes et à leurs enfants, avec la fière conviction qu’ils auront bien contribué par leurs efforts continus à chasser l’ennemi du pays. (Historique du 99e Régiment d’Infanterie Territoriale pendant la Guerre. Tours. Maison Alfred MAME et Fils, imprimeurs).

Pendant cette année il a pris pied dans les bois d’Hirtzbach et, comme en témoigne la carte ci-dessous, a repris des activités familières à nombre de ses soldats.

bois d'Hirzbach.jpg

Il participe également à diverses progressions vers Bisel et réalise une organisation défensive contre laquelle l’ennemi est venu plusieurs fois se heurter en vain.

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Puis, le régiment part quelques kilomètres au sud et début de février 1916, alors les Allemands bombardent violemment tous les villages de la vallée de la Largue. Le 8, à 22 heures, les bataillons du 99e territorial stationnés à Rechisy (3e bataillon ) et Florimont-Couralles (4e bataillon) reçoivent mission permanente d’assurer la surveillance et de tenir la première ligne de résistance, face à la Suisse, sur la partie de frontière comprise entre la borne des 3 puissances (borne n° 4056 de la carte d’état – major allemande au 1/20000) et la route de Courcelles-Montignez.

Borne 3 puissances.jpg

Le 16 février, le régiment est relevé et après un séjour de quelques jours à Giromagny, gagne Montbéliard, puis la région Blamont- Meslières, où il arrive le 29 février. Sa mission est alors d’interdire à l’ennemi, sur le front Delle-Saint-Hippolyte, les incursions de ses éléments légers par la Suisse, et de tenir sur les positions organisées pour permettre l’arrivée des renforts.

Du 10 au 13 mars, le régiment fait mouvement vers le nord et vient occuper, à partir du 17 mars, 30 kilomètres plus loin, les deux centres de résistance de Michelbach sud et Michelbach nord, où les cantonnements sont, comme ceux précédemment occupés dans la vallée de la Largue, soumis à des bombardements journaliers, au cours desquels le 99e RIT éprouve des pertes sensibles. Le régiment reste dans la région de Thann jusqu’au début de l’année 1917.

Relevé le 17 mars 1917, il part alors pour Verdun où il arrive le 18. Il prend position dans le sous-secteur sud (zone de Châtillon) et travaille à partir du 5 mai a y élaborer une nouvelle ligne de résistance. Fin juillet 1917, les Allemands exécutent 4 jours de réglages systématiques et attaquent le 29 juillet à une heure du matin après un bombardement des tranchées françaises.

ChatillonsslesCotesCarte.jpg

L’attaque est repoussée au prix de lourdes pertes de part et d’autre.

Moulainville.jpg

A partir du 12 septembre 1917, le régiment est progressivement relevé de la zone de Chatillon et est transporté en camions dans la région de Mussey (entre Revigny et Bar-le-Duc) où il reste au repos et à l’instruction. Puis le 6 octobre 1917, il est affecté en Argonne dans la région de Valmy, Somme-Tourbe et Somme-Suippes. Si la majorité du régiment est affectée à divers travaux, les compagnies de mitrailleuses sont réparties sur le front de différentes unités. La 3e compagnie de mitrailleuses, en position à Saint-Thomas (à 12 km au sud de Sainte-Menehould) est bombardée par obus à gaz et subit de nombreuses pertes par intoxication. Etienne y participe peu car il passe au 259e RIT le 5 octobre 1917. Ce régiment est à ce moment constitué de deux bataillons isolés, les 1e et 4e et il est impossible de connaître l’affectation géographique d’Etienne, ne sachant pas à quel bataillon il a été affecté. Quelques mois plus tard, il est à nouveau réaffecté, cette fois au 2e régiment du génie. Là encore, il nous est impossible de suivre son parcours, de même qu’au 2e groupe d’aérostation lorsqu’il y passe le 1e août 1918. Il n’est renvoyé dans ses foyers que le 21 décembre 1918 et regagne Condat. Il y meurt en 1953, huit ans après son épouse.

 

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