Guillaume TACHER

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Ce jeune homme n’a que peu de liens avec Echandelys et subit un destin particulièrement sinistre. Il voit le jour à Plauzat le mardi 19 juin 1888 de Louis, maréchal-ferrant et de Jeanne LYOTY, ménagère, âgés respectivement de 33 et 31 ans.

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Ses parents ne sont retrouvés à Plauzat ni dans les registres d’état civil, ni dans les recensements entourant sa naissance. Le premier contact de Guillaume avec Echandelys est connu par sa fiche matricule puisqu’il y est cultivateur lors de sa visite d’incorporation en 1909. A ce moment, il est orphelin, ses deux parents étant décédés. Il mesure alors 1 m 51, possède un visage ovale, un front bombé avec un menton rond. Il est exempté pour faiblesse générale. Les recensements de population nous indiquent qu’il est domestique chez Marien VIALLIS à Coudeyras en 1911. Il ne semble pas qu’il ait eu d’autres contacts avec les autorités militaires, ce qui est inhabituel, avant le 27 novembre 1914, date à laquelle le CR de Clermont-Ferrand le déclare apte au service armé. Il est incorporé au 16e RI de Clermont-ferrand et Montbrison le 19 février 1915. En raison de la période d’instruction nécessaire, il n’est pas monté immédiatement en ligne et c’est certainement à ce moment qu’il passe au 42e RI. Il rejoint donc le front à une date indéterminée dans le secteur de Vingré que son régiment occupe depuis la fin janvier. Il y aménage les positions dans des conditions parfois périlleuses.

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Le 6 mars 1915, les généraux Maunoury et de Villaret sont blessés au créneau lors d’une visite des tranchées de première ligne. Le régiment bascule ensuite légèrement plus au nord-ouest et prend part le 6 juin à une attaque dans la région de Quennevières. Jusqu’au 15, il y organise les positions conquises. Le 16 juin, une nouvelle attaque de plus grande envergure est lancée. Les 2e et 3e bataillon progressent, mais les unités voisines ne peuvent suivre et ces derniers se retrouvent attaqués de flanc. Les deux bataillons doivent se replier sur leur ligne de départ, laissant de nombreux cadavres derrière eux.

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Le 42e RI reste dans le secteur qui s’est calmé jusque début août 1915, le VIIe corps d’armée en entier étant alors placé en réserve de division. Dans la seconde moitié du mois, il est transporté par voie ferrée jusqu’à Saint-Hilaire-au-Temple dans la Marne et travaille pendant un mois à l’organisation d’un futur secteur d’attaque. Il y participe le 25 septembre 1915 en progressant sur les hauteurs qui dominent la rive sud de la Py, sur Saint-Hilaire-le-Grand. Toute la journée, les vagues progressent malgré le feu meurtrier allemand. Le 26, il se lance à l’assaut de la tranchée des Tantes.

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Lorsqu’il est relevé dans la nuit du 29 au 30, la tranchées est conquise et gardée malgré les nombreuses contre-offensives allemandes. Mais les pertes ont été très lourdes et le régiment a besoin de se reformer et de se réorganiser. Il est mis au repos pendant deux mois. Guillaume a été blessé lors de ces journées et évacué de Souains. Nous ne savons pas si ses blessures ont été importantes ni à quel lieu il a été hospitalisé. Nous savons simplement que le 25 octobre 1915, il devait être rentré de permission mais qu’il manque aux appels. Les ennuis vont commencer pour lui. Il est déclaré déserteur le 30 octobre, mais rentre certainement au régiment à une date indéterminée. Est-il remonté en ligne fin 1915 ? Nous n’en avons aucune certitude. Le 25 février 1916, il passe au 172e RI. Ce régiment reste en Champagne jusqu’en juin 1916 alors que Guillaume est évacué de Verdun le 8 mars 1916 pour débilité mentale. Une fois de plus, nous ne savons ce qu’il devient, mais il manque une nouvel fois à l’appel du 10 juin 1916. Le 15, il est déclaré déserteur puis est arrêté le 22 par la gendarmerie de Saint-Germain-l’Herm. Il est rayé du contrôle de désertion le 25 août 1916. Nous ne savons pas ce qu’il est advenu ensuite, mais, faisant vraisemblablement l’objet d’une condamnation de la part des autorités militaires, il est évacué le 1e février 1917 à l’atelier de travaux publics d’Orléansville en Algérie (qui est en fait une sorte de bagne militaire). A la fin de la guerre, il bénéficie d’une remise gracieuse de peine de 6 mois de travaux publics le 31 juillet 1919. Sa fiche matricule indique qu’il a fait campagne contre l’Allemagne jusqu’au 23 octobre 1919, mais semble n’être renvoyé dans ses foyers que le 6 mai 1920. Il se retire alors à Echandelys. Il déménage vraisemblablement ensuite car c’est la CSR de Limoges qui le réforme définitivement le 19 octobre 1923 pour dégénérescence mentale avec idées délirantes de persécution. Le 18 décembre 1924, la CSR de Clermont-Ferrand le réforme également pour les mêmes raisons. La CSR de Limoges le 31 juillet 1925 maintient son inaptitude à 100% pour dégénérescence mentale avec idées délirantes de persécution et tendance aux impulsions violentes. Il est à ce moment interné. Le 8 septembre 1927, la même commission conclut à sa dégénérescence mentale avec idées de persécution et considère qu’il doit rester interné. Sa trace est ensuite perdue…

 

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