Maurice PLANAT

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Ce jeune homme n’a que peu de liens avec Echandelys et seule une étude des archives communales, conservées en mairie d’Echandelys, a permis de retrouver sa trace à travers le duplicata de son avis de décès. Il naît le 21 octobre 1885 à Peschadoires, canton de Lezoux, à 7 heures du matin de Paul, 50 ans, cultivateur, et de Marie SUQUET, son épouse, âgée de 37 ans. La famille n’est pas retrouvée dans les recensements de la commune dans les années entourant la naissance de Maurice. Nous le retrouvons en 1906 à Saint-Jean-des-Ollières lors de sa visite d’incorporation. Il a au moins cinq frères et sœurs : Jean Marie né vers 1879, Antoine vers 1883, Jérôme vers 1887, Jeanne vers 1888 et Joséphine vers 1891. Maurice mesure 1 m 68 en 1906. Il est cultivateur. Ses cheveux sont noirs et ses yeux gris. Il possède un visage ovale, avec un front découvert, un menton rond et un nez assez fort. Il est incorporé au 109e RI de Chaumont le 8 octobre 1906. Il est renvoyé dans ses foyers le 25 septembre 1908. Le 6 avril 1910, il se marie à Egliseneuve près de Billom avec Jeanne Marie Hortense COUDEYRAS, née à Echandelys le 7 mars 1889, à Deux-Frères, d’Etienne et de Michelle BAUTIER. Deux beaux-frères de Maurice, Jean Célestin et Pierre, seront également soldat pendant la Première Guerre Mondiale et y survivront. Le couple habite à Deux-Frères et donne naissance le 19 avril 1912 à Léonie, la seule enfant du couple semble-t-il. Il déménage ensuite à Montmorin en 1912, puis à Pont-du-Château en 1914.

Maurice rejoint le 292e RI à Clermont-Ferrand le 4 août 1914. Il est alors âgé de 28 ans. Dès le 12, le régiment est embarqué en train en deux convois partis respectivement à 15 h 27 et 18 h 07. Arrivés à la gare régulatrice de Gray, les hommes et le matériel sont débarqués pour aller cantonner à Mollans en Haute-Saône le 13 août en fin d’après-midi. Le 15, le régiment quitte son cantonnement pour Reppe à proximité de Belfort, après avoir franchi la frontière. Les Allemands s’étant retirés derrière la ligne Mulhouse-Altkirch-Ferette, l’armée d’Alsace, dont fait partie le 292e RI marche vers l’est dans la région de Hagenbach et Burnhaupt où le 6e bataillon appuie le 305e RI pour l’attaque d’Illfurt. Deux compagnies défendent le pont d’Aspach où elles améliorent les défenses, et qui sera détruit quelques jours plus tard.

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Mais les Allemands sont en train de foncer sur Paris et la situation est critique. Le 292e RI embarque le 27 à Belfort pour une destination inconnue. Les trains emmènent la division à grande vitesse, par Besançon, Dijon, Fontainebleau, Paris, à la Faloise (Somme), où elle débarque le 29. Les Allemands, depuis Charleroi, talonnent l’armée française et marchent sur Paris. Le régiment prend une formation de combat vers Folleville, face au nord-est. Pour l’exécution du plan du général JOFFRE, le repli est ordonné. Les marches des 2 et 3 septembre sont pénibles, en raison de la chaleur et de la longueur des étapes ; il ne faut pas s’attarder, l’ennemi suit, et il faut que franchir les ponts sur l’Oise. Après le passage de la division, le génie fait sauter le pont de l’Isle-Adam. La marche sur Paris se continue par Écouen, puis vers l’est par Dammartin-en-Goële, Marly, où le régiment cantonne le 5, tandis que 5 compagnies prennent les avant-postes de combat de l’Issard à Chantemerle. Quelques patrouilles de uhlans sur lesquelles on tire sont repoussées. La bataille de l’Ourcq se prépare.

Le 6 septembre, le 292e RI se porte à l’attaque. Tout le régiment marche sur le village de Puisieux (Seine-et-Marne). Les pertes sont importantes, surtout à la 24e compagnie. Le 6e bataillon a pu arriver en face de Puisieux, où il s’est retranché en utilisant les abris abandonnés par les Allemands. Le 7 septembre, parvient la proclamation désormais historique du général JOFFRE, qui est communiquée à toutes les troupes, même à celles de première ligne. Le 292e RI exécutera l’ordre à la lettre. Partant de Puisieux, il prend Vincy-Manœuvre par les fermes de Poligny et de Manœuvre au prix de nombreuses pertes (56 morts dont Jean Marie PILLEYRE de la Parade et 660 blessés).

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Le 9 septembre, le régiment, diminué de moitié, est mis en réserve. Les 10 et 11, il suit la retraite allemande retraite par Villers-Cotterets, Coeuvre, Ambleny. Le 12, il passe l’Aisne à Fontenoy et le 13 septembre il reçoit l’ordre de pousser au nord sur Nouvron et d’attaquer la cote 140. Le 5e bataillon l’atteint et, aidé du 305e RI, il repousse une forte contre-attaque allemande. Ce combat coûte au 292e RI 36 tués et 60 blessés. Le 14, il met en défense le village de Port-Fontenoy et reçoit le lendemain d’importants renforts qui lui permettent de se réorganiser. Il y subit d’importants bombardements. Le 20 septembre, les Allemands attaquent et le 5e bataillon du 292e, en réserve dans le parc du château Firino, repousse quatre assaut. Le parc du château des Mardansons, faiblement occupé, est le dernier objectif de l’ennemi qui est là encore repoussé par la 22e compagnie, appelée en renfort. Cette journée coûte 36 tués et 72 blessés au régiment. Le lendemain, les obusiers allemands s’acharnent sur le village de Fontenoy et ses abords. La ferme la Tour est incendiée et, devenue intenable, elle doit être évacuée. Les hommes se replient sur le parc du château des Mardansons.

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Le 25, le régiment reçoit 523 hommes de renfort venant des 48e et 71e RI et 260 territoriaux des 97e et 99e RIT

Le 3 octobre, un mouvement sur la cote 140 (Nouvron), est tenté par l’armée française. En première ligne, le 292e RI aligne 4 compagnies, plus deux en soutient et deux en réserve. L’action est arrêtée à la nuit. Le 9 octobre, une nouvelle attaque est décidée. La première ligne du 292e RI arrive à cent mètres des fils de fer de l’ennemi, à hauteur du 321e RI et creuse des tranchées pour consolider son avance. Une seconde attaque est effectuée le 30 octobre, avec comme objectif pour le 292e RI le boqueteau est de la cote 140. Elle ne réussit que partiellement et entraîne une importante contre-attaque allemande. 59 soldats sont tués, 102 blessés et 130 sont portés disparus. A partir de ce moment, le 292e n’a plus pour le moment qu’un rôle défensif, chaque bataillon étant affecté à un secteur et chargé de son organisation. La guerre des tranchées commence. Le 12 novembre, une nouvelle attaque doit avoir lieu. La veille à 22 heures, les Allemands, dont l’attention a été attirée par les préparatifs, dirigent leurs projecteurs sur toute la ligne de la 63e DI. Leur tir devient de plus en plus nourri et toute la nuit, c’est un duel sérieux entre les deux artilleries. Le lendemain à 3 heures 30 du matin, l’artillerie française prend son rythme de préparation : 16000 obus de 75 sont tirés pour préparer l’attaque de l’infanterie. Mais les fils de fer allemands ne sont que peu détruits et cette opération s’avère être un échec. Ne surviennent alors que des attaques sporadiques, qui coûtent tout de même la vie à de nombreux soldats, dont Maurice, tué à l’ennemi le 20 décembre 1914. Il était âgé de 29 ans.

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Il est inhumé à la nécropole nationale de Bois Robert, carré B, tombe 404.

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Sa petite fille est adoptée par la Nation le 31 juillet 1919. Elle meurt en 1926. Sa femme meurt en 1951 et est inhumé dans le cimetière d’Echandelys, de même que sa fille.

 

 

 

 

 

 

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