Claudius Marie COUDEYRAS

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Bien qu’originaire du Rouvet, hameau de la commune d’Aix-la-Fayette, Claudius Marie a vécu une grande partie de sa vie et y était déjà installé lorsqu’il a été appelé pour combattre lors de la Première Guerre Mondiale. Il voit le jour le vendredi 8 mai 1874 d’Antoine, scieur de long né au Rouvet le 11 mai 1837 et d’Anne BRUGERE, également originaire du Rouvet où elle est née le 6 mai 1843. Ils se marient à Aix-la-Fayette le premier septembre 1863 et le couple donne naissance au Rouvet à sept enfants. Trois arrivent avant Claudius Marie : Marc Antoine le 8 avril 1866, Eugénie le 18 avril 1869 puis Rosalie le 25 juin 1871. Après Claudius Marie, naissent encore Antoine Alfred le 18 avril 1877 (également soldat pendant la Grande Guerre, il est envoyé au Maroc avec une partie du 99e RIT, puis part aux armées le 14 janvier 1915 et n’est renvoyé dans ses foyers que le 31 octobre 1918 lorsqu’il est bien noté dans son dossier qu’il est père de 6 enfants !), Marie Alphonsine le 21 juin 1879 et enfin Eugénie Philomène le 28 avril 1882 (mariée à Jean Pierre Alfred MAVEL, maréchal-ferrant à Echandelys et également soldat pendant la Première Guerre Mondiale, un de ses fils, Lucien Antoine, sera considéré comme Mort pour la France à Lourches en 1940). Leur père décède à Jonzat dans l’Allier lors d’une campagne de scieur de long le 21 janvier 1882, alors que sa dernière fille n’est pas encore née. Claudius Marie n’est âgé que de 7 ans.

Il est cultivateur au Rouvet lors de sa visite d’incorporation. Il est ajourné en 1895 et 1896 en raison de sa petite taille (il mesure 1 m 51) puis versé dans les services auxiliaires en 1897. Il effectue une saison de scieur de long en 1900 en Normandie, dans le secteur de Lyons-la-Forêt. Il se marie le 20 janvier 1906 à Condat-lès-Montboissier avec Adrienne Antoinette MERLE, originaire de Frideroche (commune de Chambon-sur-Dolore) où elle est née le 4 décembre 1880. Le couple habite alors Echandelys et donne naissance au moulin de Géry à Alfred Fernand en 1906, Camille Antoine en 1909 puis Abel Edouard en 1911. Adrienne est enceinte de Fernande Marie qui naîtra en mars 1915 lorsque, le 12 novembre 1914, la CS de Clermont-Ferrand déclare Claudius Marie apte au service armé. Il est incorporé au 99e RIT de Clermont-Ferrand le 13 février 1915. Il est alors âgé de 40 ans. Son régiment est en Alsace, aux environs de Largitzen et de Seppois, où il subi de nombreuses actions locales et peine à organiser le secteur.

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Le premier avril 1915, il est affecté au 300e RIT. Une photographie nous le montre dans ce régiment. Mais lequel est-ce ?

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Son nouveau régiment est en secteur dans la Marne, dans la région d’Epernay, autour de Verzenay. Il y reste jusqu’en décembre 1916.

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Il participe activement à l’offensive de Champagne et le 19 octobre 1915, à 7 heures 30, une vague de gaz à base de chlore, poussée par un vent favorable à l’ennemi, arrive sur les deux bataillons en première ligne. En même temps, un violent bombardement par obus de tous calibres et par obus asphyxiants s’abat sur le bois des Zouaves surtout et sur les boyaux de communication. Les Allemands tente d’aborder les premières positions, mais sont repoussés tant par le barrage d’artillerie que par le feu des unités en ligne. Les pertes sont importantes, car si les obus ordinaires n’ont pas fait grand mal (3 blessés), les gaz toxiques amènent la mort immédiate de quelques soldats, en mettent plus de 50 dans un état grave et nécessitent en plus l’évacuation de 102 hommes. Le 20 octobre, le bombardement de destruction est plus intense et les fractions ennemies qui tentent de sortir ou esquissent des attaques sont plus fortes. Ces tentatives sont chaque fois nettement arrêtées par les compagnies en ligne. Le bombardement par obus à gaz, d’une sévère intensité, amène la mort immédiate d’un homme et l’évacuation de 200 autres, dont plusieurs sont mortellement atteint; 9 soldats sont blessés par les obus. Les tranchées et boyaux, qui ont subi de gros dégâts, sont rapidement réparés en prévision d’une attaque qui ne se produit pas. Tout le mois d’octobre est assez pénible à cause des bombardements et des démonstrations de l’ennemi : presque chaque jour le 300e RIT enregistre des pertes par balles. Les mois de novembre et de décembre seront moins troublés, puis s’anime à nouveau à la fin de janvier 1916. Le 25 mars, du front du régiment on lance sur les Allemands des vagues de gaz, accompagnées de feux nourris sur ses tranchées et ses boyaux de communication. La réaction allemande est faible. De fréquentes patrouilles sont lancées en avant du front afin de tester les réactions de l’adversaire qui riposte, et le 14 mai 2 hommes sont tués et 6 blessés. Les mois de mai, juin, juillet seront une période assez fertile en événements de tranchées; fréquemment les guetteurs sont blessés et tués aux créneaux. La situation va perdurer de manière identique jusqu’au 1er décembre 1916, le régiment étant relevé des tranchées par un régiment russe.

Le 300e RIT est mis, le 22 décembre 1916 à la disposition de la direction des chemins de fer et exécute des travaux de construction de voie ferrée dans la région de Cherry -Chartreuse. Jusqu’au mois de septembre 1917, fréquemment séparées, les compagnies du régiment seront ainsi occupées, ainsi qu’à la garde des voies de communication et à l’escorte des trains. Claudius Marie le quitte le 27 juillet 1917 pour le 102e RIT, unité dans laquelle il restera moins de trois semaines. En effet, il passe le 16 août 1917 au 14e RAC. Il occupe alors les villages d’Arpenans, Ronchamp, Chaux, dans le secteur de la Chapelle-sur-Rougemont, en Alsace, où il reste du jusqu’au 11 septembre 1917. Le secteur depuis Cernay jusqu’au canal du Rhône au Rhin est dans l’ensemble très tranquille. Les Allemands se bornent à bombarder systématiquement toutes les batteries du régiment qui sont bouleversées, occasionnant des pertes régulières (9 tués et 6 blessés). Relevé, il séjourne dans la région de Rougegoutte jusqu’au 1er octobre, date à laquelle il s’embarque à Bas-Evette et Belfort pour gagner Saint-Hilaire et cantonner à Courtisols jusqu’au 6 octobre où il tient pendant trois semaines le secteur d’Auberive, en Champagne, face à Sainte-Marie-à-Py et à Vadesincourt.

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Le 10 octobre 1917, il permet grâce à ses tirs de barrage déclenchés à temps, de repousser une attaque allemande. Une autre attaque est déclenchée par les Allemands le 12 octobre à 5 heures ; ils y laissent des tués et des prisonniers entre nos mains. Le 25 octobre, le régiment change de secteur, il occupe du 30 octobre 1917 au 2 mars 1918, toujours en Champagne, le secteur de Tahure, défendant le front compris entre la Galoche à l’est et le bois au nord-ouest de Perthes. Bien que stabilisé, il est agité et c’est c’est la période des coups de main. L’ennemi fait beaucoup de contre-batterie et les groupes subissent de nombreux bombardements par obus à ypérite. Les Français exécutent des coups de main : le 21 novembre, sur le saillant des Mures ; le 27 novembre sur le saillant du Coucou ; le 11 décembre au sud de Tahure et le 28 janvier sur la butte de Tahure. Il aide l’infanterie qui, lors d’un coup de main profond sur le saillant de la Galoche, l’enlève le 13 février. Le terrain conquis est conservé malgré les contre-attaques allemandes. Les pertes du 14e RAC pendant cette période sont de 11 tués, 48 blessés. Les 1er et 2 mars 1918, le régiment est relevé et fait route par Cuperly, Écury-sur-Coole, Gigny-aux-Bois, Coclois-sur-Margerie où il reste jusqu’au 25 mars. Claudius Marie a-t-il réellement participé à ces actions ou est-il plutôt resté au dépôt du régiment ? Sa fiche matricule le considère comme aux armées pendant cette période. Le 16 mars 1918, il passe à la fois au 121e RI, est détaché aux établissements Ollier à Clermont-Ferrand et est envoyé à Echandelys en congé de démobilisation.

Le couple donne naissance à son dernier enfant, Henri, le 25 novembre 1919 au moulin de Géry. Claudius Marie s’éteint en 1957 (la même année que son fils Camille Antoine), sa femme en 1965.

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