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Antoine Victor BOUCHUT

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Troisième enfant d’une fratrie de neuf, Antoine Victor naît dans la commune de Chambon-sur-Dolore le jeudi 28 octobre 1880 au hameau de l’Hôpital dont ses parents sont originaires.

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Son père Vital, agriculteur y était né 17 juin 1848, de même que sa mère, Marie Magdeleine SUJOBERT le 9 mai 1855. Tous deux se sont mariés le 11 novembre 1873 et Marie donne naissance à Jacques Marie Alphonse le 22 mars 1875 (qui va mourir à l’âge de 14 ans). La famille habite chez les parents de Marie. Quatre ans plus tard, arrive Jean Pierre, le 8 janvier 1879. Jeune marié, il est également soldat pendant la Première Guerre Mondiale mais est rapidement réformé après un court séjour au front pour des raisons psychiatriques (y a-t-il vécu des expériences insoutenables ?). Il décède en 1921 à Saint-Germain-l’Herm. Après Antoine Victor, arrive la première fille de la famille, Jeanne Marie Andrette, le 27 mars 1882. Suivent ensuite trois garçons : Eugène Victor le 10 avril 1885. Il sera également Poilu, médaillé et Mort pour la France le 26 août 1918 à Fresnoy-lès-Roye dans la Somme. Marié à Anna Antonine CHIGROS, il laisse une petite fille Jeanne Marie Anna âgée de 7 ans. Vital André Marius, né le 13 avril 1887, aura plus de chances. Médaillé pour faits de guerre, il s’éteint à Saint-Amant-Roche-Savine en 1971. Paul Eugène Henri, jumeau de Jeanne Marie, né le 9 mai 1890, ne survit que quelques heures. Sa sœur s’éteint le 21. La dernière enfant, Maria Perrine, naît au Grenouillet le 28 octobre 1893. Elle se marie en juillet 1914 à Fournols. Vital, le père de famille, meurt à l’Hôpital le 18 juin 1905, laissant sa femme avec ses 6 enfants survivants. Antoine Victor a déjà accompli son service militaire puisqu’il est incorporé non pas en 1900 car son frère Jean Pierre est encore sous les drapeaux, mais le 14 novembre 1901, date à laquelle il arrive au 92e RI de Clermont-Ferrand, son régiment d’affectation. Il mesure 1 m 62, possède des cheveux châtain clair, des yeux gris. Son visage est ovale avec un menton rond, sans signe particulier. Il exerce le métier familial de cultivateur.

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Il est renvoyé dans ses foyers le 20 septembre 1902 et regagne Chambon-sur-Dolore. Il passe quelques mois (de janvier à juin 1914 et non pas 1924 comme inscrit sur sa fiche matricule) en Normandie, à Saint-Nicolas d’Aliermont vraisemblablement comme scieur de long.

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Il semble d’après ses descendants s’être marié puis établi au Cluel. Sa fille Marie Eugénie (qui va se marier en 1931 avec Marcel Benoît DAILLOUX, le descendant d’un autre Poilu, Maurice DAILLOUX), alors âgée de 4 ans en 1914 racontait que ses parents fanaient la plaine sous le château du marquis des Roys et lorsque le tocsin s’est mis à sonner son père à laissé femme et enfant dans le pré pour aller chercher son paquetage au Cluel et partir à Clermont pour la mobilisation. Il n’arrive toutefois au 92e RI que le 12 août, à l’age de 33 ans. Après une période de rafraîchissement des acquis, il monte au front le 11 septembre 1914.
Récemment relevé des Vosges, le régiment débarque à Liancourt (Oise) le 15 septembre. Il combat en particulier à l’Ecouvillon et au Plémont, puis réalise le 26 septembre, se portant vers le nord, des tranchées à Tilloloy.

Tilloloy

Puis, glissant encore toujours vers le nord, il s’établit face aux Allemands à Fouquescourt et à Fresnoy. Le 2e bataillon, à la Chavatte, fait face à de nombreuses attaques allemandes et le manque de munitions se fait douloureusement sentir.

la Chavatte

Relevé, le régiment débarque sur la frontière belge, à Esquelbecq, le 12 novembre, et le 13, il se porte dans la direction de Zonnebeke. Dans l’après-midi, il reçoit du général l’ordre d’attaquer les lignes allemandes au nord de Zonnebeke, vers le carrefour de Broonseinde. Attaques et contre-attaques se succèdent jusqu’en décembre, avec obtentions de plusieurs citations du régiment.

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Le régiment est ramené sur les confins des départements de la Somme et de l’Oise; où il y restera pendant toute l’année 1915, se remettant de ses fatigues et de ses grosses pertes de Lorraine et de Belgique. Il tient alors les secteurs du bois des Loges et de Beuvraignes. Dans ce dernier, la lutte de tranchées bat son plein entre les villages du Cessier et de Beuvraignes.

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Remis à l’entraînement au camp de Crèvecoeur, le régiment part fin février pour la défense de Verdun. Il bivouaque au bois de Fouchères, à trois kilomètres de Dombasle. Si le régiment ne combat pas immédiatement, les conditions sont difficiles. L’ennemi frappe des coups redoublés, la rive droite de la Meuse est actuellement le théâtre de la lutte, mais la rive gauche s’enflamme à son tour, et, dans le bois, sans autre abri que la tente individuelle, contre la neige qui tombe toutes les nuits, le 92e, en réserve, attend l’heure de se porter en avant. Le 6 mars, le régiment arrive sur la neige par 12 degrés au-dessous de zéro au bois du Bouchet. Il reste là, alerté toute la nuit sans abri. Au jour, il se porte en formations d’approche sur la limite d’Esnes à Chattancourt. Il s’y établit en position d’attente. (Historique du 92e RI Maison Alfred Mame imprimeurs, Tours). Le 8 mars, le régiment se lance à l’assaut du bois des Corbeaux tombé la veille aux mains des Allemands. Il est pris pour être reperdu le lendemain, le tout au prix de centaines de morts.

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Retiré de Verdun en raison de ses importantes pertes, le régiment relevé le 20 mars 1916, se retrouve dans la Somme et, reformé, tient les secteurs de Bailly et Fouquescourt, au nord de Roye. En raison de son âge, Antoine Victor est affecté à un régiment territorial, le 321e RIT le 29 juin 1916. Le régiment qui a perdu en 15 jours à Verdun plus de 400 hommes dont 100 tués et 300 blessés se renforce à l’Entre-Largue, puis monte en première ligne à Largitzen où il occupe en particulier les tranchées de Lüffendorf et des Cinq-Etangs. Le secteur est calme et la campagne n’est pas dévastée comme à Verdun. Les coups de main se succèdent. Il est relevé le 11 septembre et est porté à Lévoncourt. puis est mis en secteur autour de Fleury (tranchée Pauly, tranchée Vidal, ouvrage de Munich et tranchée de Bavière) à partir du 20 septembre où les attaques à la grenade et l’artillerie causent de nombreuses pertes (200 soldats en 10 jours sont mis hors de combat).

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Le 3 octobre, au repos à Erize-Saint-Dizier et Géry, il se prépare à l’offensive que le général Nivelle prévoit à la fois sur le terrain par des répétitions générales des différentes phases de l’offensive ainsi que par des études sur plans à grande échelle. Les 21 et 22 octobre 1916, le régiment est embarqué pour relever dans la nuit suivante les unités qui avaient matériellement préparées l’attaque. Il se retrouve exactement dans le même secteur que quelques semaines plus tôt. L’attaque débute sous un brouillard protecteur. Le premier objectif (dépôt 2405 et croupe du bois de la Caillette) est rapidement conquis. Le deuxième objectif, la Tourelle de Douaumont, est plus difficile à atteindre compte-tenu des bouleversements du terrain, mais est toutefois enlevé à 15 h 30. Douaumont était pris.

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La tâche d’organisation du terrain conquis est rude et sanglante, sous un violent bombardement de gros calibre. De plus, la boue ne rend utilisable que la baïonnette et la grenade. Dans certains secteurs, les pertes sont de 2/3 des effectifs. Le ravitaillement n’arrive qu’au compte-gouttes. Antoine fait l’objet d’une citation à l’ordre du régiment n°164 le 5 novembre 1916 : excellent soldat, blessé en se portant bravement à l’assaut des positions ennemies le 24 octobre 1916. Il ne semble pas avoir été évacué pour cette blessure. Le régiment est relevé dans la nuit du 28 au 29 octobre. Il retourne à Ancerville, s’entraîne au camp de la Houpette après avoir reçu un gros renfort.
Dans la nuit du 13 au 14 décembre 1916, il remonte en ligne au ravin de la Faune Côte, appuyé sur la route qui mène du fort de Douaumont à l’ouvrage d’Hardaumont en vue d’une attaque visant à consolider les acquis de l’offensive antérieure. La préparation d’artillerie entraîne une importante réaction de l’artillerie allemande qui cause de nombreuses pertes sur les bases de départ, en particulier au 5e bataillon. L’heure de l’attaque est alors avancée. Les pentes de la Carrière sont rapidement enlevées, mais l’ouvrage de Bezonvaux est plus difficile à gagner. C’est chose faite la nuit, après avoir enlevé la tranchée des Deux-Ponts.

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Après avoir achevé le nettoyage des tranchées conquises, le régiment est relevé dans la nuit du 16 au 17 décembre 1916. Les pertes sont une nouvelle fois importantes : 200 morts, 446 blessés.
Il stationne ensuite dans les parties ouest de ses derniers secteurs d’attaque. Les conditions, jusqu’à la relève sont dures. Outre les minenwerfer, l’artillerie et les combats à la grenade, le froid et l’épaisse couche de neige font des ravages sur les pieds de Poilus. C’est avec soulagement qu’il quitte Verdun le 9 février 1917. A Jussécourt, il incorpore un renfort de la classe 1917 puis débarque à Mourmelon. Il s’y prépare à la grande offensive de Nivelle sur le chemin des Dames où le 321e RI a Laon comme objectif. Du 21 mars au 14 avril il gagne par étapes Viel-Arcy en passant par Athis, Saulchery, la Ferté-sous-Jouarre, Oulchy-la-Ville, Tannières et Mont-Notre-Dame. Le 16 avril, il est en place dans les abris de Madagascar. Il est placé immédiatement derrière les troupes d’assaut et avance, du bas-fond situé à l’ouest de Vendresse-Troyon, sur les pentes sud de Beaulne-Chivy., où il est attaqué de flancs par des mitrailleuses qui ont échappé au nettoyage. Durant 5 jours, les 5e et 6e bataillons restent accrochés à la tranchée Fuleta sous un bombardement qui s’intensifie de jour en jour.

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Le 21 avril 1917, le régiment relève alors des troupes du 20e CA entre l’arbre de Ceny et le ravin de Paradis. Les bombardements allemands sont là encore violents. Ils tentent de plus de nombreuses actions. Le 5 mai, une attaque française est décidée sur Courtecon. Les hommes se postent face à la tranchée du Pirate. Le 5 mai 1917, à 9 heures, les premières vagues d’assaut partent. La préparation d’artillerie ayant été inefficace, l’assaut se brise sur un réseau insuffisamment détruit. Sur le front du seul 5e bataillon, 10 mitrailleuses allemandes se dévoilent. Le soir, une violente contre-attaque allemande est repoussée. Dans la nuit un violent orage ajoute à la confusion. Le 8 mai 1917, le régiment est relevé et envoyé à Dunkerque le 14 mai où il profite de son séjour pour se reposer et se reconstituer.
Le calme va durer, situation inédite pour le régiment, un peu moins de trois mois. Il s’applique à des travaux préparatoires à la grande offensive d’été, fraternisant avec un bataillon néo-zélandais. Après une intense préparation d’artillerie française et anglaise visant à détruire les bases de sous-marins allemands en Belgique, la bataille commence le 31 juillet 1917. Le 321e RI reste d’abord en réserve. Il n’est appelé en ligne que le 17 août. Il tient pendant un cours laps de temps les tranchées de Reninghe et la presqu’île de Poesele que les fusiliers-marins vienne de nettoyer. Il apprend à connaître alors le terrain particulièrement difficile des Flandres : sol spongieux gorgé d’eau d’où émergent tranchées et boyaux en relief mais à peine visible dans les hautes herbes, des fermes ruinées, des blockhaus, le tout sous un ciel triste en permanence. Jusqu’en octobre, le régiment alterne entre le repos à l’arrière et la tenue des tranchées dans la région de Bixschoote. La lutte d’artillerie y est intense, causant de nombreuses pertes, tant par obus classiques que toxiques. Les coups de main se succèdent de part et d’autre. Les pluies d’automne transforment le terrain en un vaste bourbier.
Dans la nuit du 26 octobre, des passerelles sont jetées sur le St-Jansbeck. En fin de nuit, le ruisseau est franchi et les ennuis commencent. Les hommes s’enlisent dans les marécages. Les plus favorisés s’enfoncent jusqu’aux genoux, les autres nécessitent de l’aide pour s’en extraire. Malgré tout, les différentes fermes (du Hibou, Mazeppa, Drailhank) et différents blockhaus sont pris. Le lendemain, la progression continue et Kippe est atteint, voire dépassé. Les hommes ont parfois de l’eau jusqu’à la ceinture. Les hommes tombent. Mais les objectifs sont atteints, le régiment ayant progressé de trois km en moyenne.

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Dans la nuit du 28 octobre 1917, le régiment est relevé et part le 6 novembre pour la région de Pittgam. Mais dès le 15, il entre en secteur pour 15 jours dans le secteur de Nieuport-Ville, au nord de l’Yser. Là encore, il a à subir les inondations, les obus toxiques et les coups de main. Au repos à Oye, près de Calais, douze mitrailleurs de la 5e compagnie sont tués par une bombe lancée d’un avion et écrasant la maison où ils se réunissaient. 15 sont grièvement blessés. La compagnie a du être reconstituée. Le 1er janvier 1918, le 321e RI remonte dans le secteur de Nieuport-Bains. L’Yser le sépare des Allemands et la boue est absente, les tranchées étant creusées dans le sable, rendant les conditions moins mauvaises. Après quelques travaux d’organisation de 2e ligne, le régiment est relevé le 25 mars 1918.
La bataille fait rage en France, les Allemands ayant enfoncé le front entre Oise et Somme le 21 mars. La 133e division débarque à Boves le 26 avec pour mission d’organiser le repli derrière l’Avre, de Moreuil à Braches. Le 28, le régiment est au contact avec l’ennemi et doit se replier sur les lisières de Plessier. Le lendemain, 29 mars 1918, le front s’enflamme. Dès 13 h, les Britanniques refluent de Mézières, découvrant la gauche de l’armée française. Bientôt, les Allemands progressent sur les deux flancs du régiment. Il faut se replier par petits groupes pour éviter l’encerclement. Jusqu’au 3 avril, jour de la relève, de nombreux combats ponctuent la ligne de front, avec en particulier de sévères combats de rue à Moreuil. Jusqu’au 6 avril, le 321e RI reste en alerte afin d’organiser une éventuelle défense à l’arrière. Lorsqu’il goûte au repos à Poix, il incorpore un important renfort palliant aux 255 soldats morts pendant cette période, dont Pierre Jean DUTOUR de Parel.

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Champ de bataille entre Moreuil et Villers-aux-Erables 1918

Dès le 11 avril 1918, le régiment est embarqué à Grandvilliers pour Rexpoëde dans les Flandres. Les Allemands, par la bataille de la Lys, viennent d’enfoncer le front et menacent Ypres au nord et Béthune au sud. Le 321e RI se place alors en face de Meteren.

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Antoine y est blessé le 18 avril par un éclat d’obus. Tout d’abord soigné dans un hôpital de campagne, il est évacué le 26 à l’hôpital auxiliaire 101 de Rennes, situé dans l’école normale des garçons).

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Il est transféré à l’hôpital temporaire 43 de Saint Pern le 11 mai 1918.

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Sorti le 4 juin, il part à Echandelys en convalescence et remonte au front trois semaines plus tard, le 23 juin 1918. Son régiment est dans la Marne, autour de Bailleul-le-Sec, puis de Courcelles, au sud de Montdidier où il assure la garde du secteur, se partageant entre les tranchées et les zones de semi-repos du bois de Montgérain. Les 8 et 19 juillet, il exécute des coups de main qui permettent de faire des prisonniers, dont deux officiers allemands, permettant de recueillir de précieuses indications. Il participe ensuite à la contre-offensive débutée le 18 juillet entre l’Ourcq et l’Aisne lorsque le 9 août, il prend le Tronquoy puis Onvillers à 6 km de sa ligne de départ. Les jours suivants, les Allemands ripostent par de violents bombardements à l’ypérite. Est-ce à ce moment que Antoine a été gazé comme le racontent ses descendants ?

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Le 16 août, il repart sur Tilloloy et Beuvraignes qui est reconquis le 20, dans un secteur qu’il avait bien connu en 1915. Mais le prix est lourd, plus de mille hommes du régiment ayant été mis hors de combat. Le régiment se reforme fin août entre l’Avre et la Selle et incorpore d’importants renforts, en particulier de Martiniquais. Le dossier d’Antoine note qu’il a été blessé à Saint-Quentin le 6 septembre alors que son unité était à l’instruction entre Sains-en Amiénois et Saint-Fuscien et il ne semble pas que sa blessure ait nécessité des soins. Le 19 septembre, il repart à l’assaut de Saint-Quentin. En raison d’une attaque d’artillerie insuffisante, le premier assaut sur la ligne de chemin de fer Ham – Saint-Quentin est un échec. Il est reconduit du 23 au 26 septembre. Faisant de nombreux prisonniers et récupérant un important matériel, il n’en subit pas moins de lourdes pertes et est mis au repos jusqu’au 1er octobre, date à laquelle il se lance sur Saint-Quentin, s’arrêtant au pont de Rovroy. Les jours suivants, il consolide ses positions et subit de nombreux bombardements, en particulier d’obus toxiques. Il n’est mis au repos dans la région de Clermont (Oise) que le 9 octobre. Il a alors perdu 449 hommes, tués, blessés ou disparus. Quelques semaines plus tard, il rejoint Guise, puis pénètre en Belgique où l’armistice le rattrape. A quel moment a-t-il appris la mort de son jeune frère Eugène, père d’une petite fille de 7 ans, mort pour la France dans la Somme à Fresnoy-lès-Roys le 26 août 1918 ?
Antoine n’est démobilisé que le 20 février 1919. Il est alors âgé de 38 ans. Sa fiche matricule indique qu’il se retire à Chambon-sur-Dolore. Il s’éteint à Echandelys en 1963.

 

Claudius Marie COUDEYRAS

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Bien qu’originaire du Rouvet, hameau de la commune d’Aix-la-Fayette, Claudius Marie a vécu une grande partie de sa vie et y était déjà installé lorsqu’il a été appelé pour combattre lors de la Première Guerre Mondiale. Il voit le jour le vendredi 8 mai 1874 d’Antoine, scieur de long né au Rouvet le 11 mai 1837 et d’Anne BRUGERE, également originaire du Rouvet où elle est née le 6 mai 1843. Ils se marient à Aix-la-Fayette le premier septembre 1863 et le couple donne naissance au Rouvet à sept enfants. Trois arrivent avant Claudius Marie : Marc Antoine le 8 avril 1866, Eugénie le 18 avril 1869 puis Rosalie le 25 juin 1871. Après Claudius Marie, naissent encore Antoine Alfred le 18 avril 1877 (également soldat pendant la Grande Guerre, il est envoyé au Maroc avec une partie du 99e RIT, puis part aux armées le 14 janvier 1915 et n’est renvoyé dans ses foyers que le 31 octobre 1918 lorsqu’il est bien noté dans son dossier qu’il est père de 6 enfants !), Marie Alphonsine le 21 juin 1879 et enfin Eugénie Philomène le 28 avril 1882 (mariée à Jean Pierre Alfred MAVEL, maréchal-ferrant à Echandelys et également soldat pendant la Première Guerre Mondiale, un de ses fils, Lucien Antoine, sera considéré comme Mort pour la France à Lourches en 1940). Leur père décède à Jonzat dans l’Allier lors d’une campagne de scieur de long le 21 janvier 1882, alors que sa dernière fille n’est pas encore née. Claudius Marie n’est âgé que de 7 ans.

Il est cultivateur au Rouvet lors de sa visite d’incorporation. Il est ajourné en 1895 et 1896 en raison de sa petite taille (il mesure 1 m 51) puis versé dans les services auxiliaires en 1897. Il effectue une saison de scieur de long en 1900 en Normandie, dans le secteur de Lyons-la-Forêt. Il se marie le 20 janvier 1906 à Condat-lès-Montboissier avec Adrienne Antoinette MERLE, originaire de Frideroche (commune de Chambon-sur-Dolore) où elle est née le 4 décembre 1880. Le couple habite alors Echandelys et donne naissance au moulin de Géry à Alfred Fernand en 1906, Camille Antoine en 1909 puis Abel Edouard en 1911. Adrienne est enceinte de Fernande Marie qui naîtra en mars 1915 lorsque, le 12 novembre 1914, la CS de Clermont-Ferrand déclare Claudius Marie apte au service armé. Il est incorporé au 99e RIT de Clermont-Ferrand le 13 février 1915. Il est alors âgé de 40 ans. Son régiment est en Alsace, aux environs de Largitzen et de Seppois, où il subi de nombreuses actions locales et peine à organiser le secteur.

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Le premier avril 1915, il est affecté au 300e RIT. Une photographie nous le montre dans ce régiment. Mais lequel est-ce ?

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Son nouveau régiment est en secteur dans la Marne, dans la région d’Epernay, autour de Verzenay. Il y reste jusqu’en décembre 1916.

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Il participe activement à l’offensive de Champagne et le 19 octobre 1915, à 7 heures 30, une vague de gaz à base de chlore, poussée par un vent favorable à l’ennemi, arrive sur les deux bataillons en première ligne. En même temps, un violent bombardement par obus de tous calibres et par obus asphyxiants s’abat sur le bois des Zouaves surtout et sur les boyaux de communication. Les Allemands tente d’aborder les premières positions, mais sont repoussés tant par le barrage d’artillerie que par le feu des unités en ligne. Les pertes sont importantes, car si les obus ordinaires n’ont pas fait grand mal (3 blessés), les gaz toxiques amènent la mort immédiate de quelques soldats, en mettent plus de 50 dans un état grave et nécessitent en plus l’évacuation de 102 hommes. Le 20 octobre, le bombardement de destruction est plus intense et les fractions ennemies qui tentent de sortir ou esquissent des attaques sont plus fortes. Ces tentatives sont chaque fois nettement arrêtées par les compagnies en ligne. Le bombardement par obus à gaz, d’une sévère intensité, amène la mort immédiate d’un homme et l’évacuation de 200 autres, dont plusieurs sont mortellement atteint; 9 soldats sont blessés par les obus. Les tranchées et boyaux, qui ont subi de gros dégâts, sont rapidement réparés en prévision d’une attaque qui ne se produit pas. Tout le mois d’octobre est assez pénible à cause des bombardements et des démonstrations de l’ennemi : presque chaque jour le 300e RIT enregistre des pertes par balles. Les mois de novembre et de décembre seront moins troublés, puis s’anime à nouveau à la fin de janvier 1916. Le 25 mars, du front du régiment on lance sur les Allemands des vagues de gaz, accompagnées de feux nourris sur ses tranchées et ses boyaux de communication. La réaction allemande est faible. De fréquentes patrouilles sont lancées en avant du front afin de tester les réactions de l’adversaire qui riposte, et le 14 mai 2 hommes sont tués et 6 blessés. Les mois de mai, juin, juillet seront une période assez fertile en événements de tranchées; fréquemment les guetteurs sont blessés et tués aux créneaux. La situation va perdurer de manière identique jusqu’au 1er décembre 1916, le régiment étant relevé des tranchées par un régiment russe.

Le 300e RIT est mis, le 22 décembre 1916 à la disposition de la direction des chemins de fer et exécute des travaux de construction de voie ferrée dans la région de Cherry -Chartreuse. Jusqu’au mois de septembre 1917, fréquemment séparées, les compagnies du régiment seront ainsi occupées, ainsi qu’à la garde des voies de communication et à l’escorte des trains. Claudius Marie le quitte le 27 juillet 1917 pour le 102e RIT, unité dans laquelle il restera moins de trois semaines. En effet, il passe le 16 août 1917 au 14e RAC. Il occupe alors les villages d’Arpenans, Ronchamp, Chaux, dans le secteur de la Chapelle-sur-Rougemont, en Alsace, où il reste du jusqu’au 11 septembre 1917. Le secteur depuis Cernay jusqu’au canal du Rhône au Rhin est dans l’ensemble très tranquille. Les Allemands se bornent à bombarder systématiquement toutes les batteries du régiment qui sont bouleversées, occasionnant des pertes régulières (9 tués et 6 blessés). Relevé, il séjourne dans la région de Rougegoutte jusqu’au 1er octobre, date à laquelle il s’embarque à Bas-Evette et Belfort pour gagner Saint-Hilaire et cantonner à Courtisols jusqu’au 6 octobre où il tient pendant trois semaines le secteur d’Auberive, en Champagne, face à Sainte-Marie-à-Py et à Vadesincourt.

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Le 10 octobre 1917, il permet grâce à ses tirs de barrage déclenchés à temps, de repousser une attaque allemande. Une autre attaque est déclenchée par les Allemands le 12 octobre à 5 heures ; ils y laissent des tués et des prisonniers entre nos mains. Le 25 octobre, le régiment change de secteur, il occupe du 30 octobre 1917 au 2 mars 1918, toujours en Champagne, le secteur de Tahure, défendant le front compris entre la Galoche à l’est et le bois au nord-ouest de Perthes. Bien que stabilisé, il est agité et c’est c’est la période des coups de main. L’ennemi fait beaucoup de contre-batterie et les groupes subissent de nombreux bombardements par obus à ypérite. Les Français exécutent des coups de main : le 21 novembre, sur le saillant des Mures ; le 27 novembre sur le saillant du Coucou ; le 11 décembre au sud de Tahure et le 28 janvier sur la butte de Tahure. Il aide l’infanterie qui, lors d’un coup de main profond sur le saillant de la Galoche, l’enlève le 13 février. Le terrain conquis est conservé malgré les contre-attaques allemandes. Les pertes du 14e RAC pendant cette période sont de 11 tués, 48 blessés. Les 1er et 2 mars 1918, le régiment est relevé et fait route par Cuperly, Écury-sur-Coole, Gigny-aux-Bois, Coclois-sur-Margerie où il reste jusqu’au 25 mars. Claudius Marie a-t-il réellement participé à ces actions ou est-il plutôt resté au dépôt du régiment ? Sa fiche matricule le considère comme aux armées pendant cette période. Le 16 mars 1918, il passe à la fois au 121e RI, est détaché aux établissements Ollier à Clermont-Ferrand et est envoyé à Echandelys en congé de démobilisation.

Le couple donne naissance à son dernier enfant, Henri, le 25 novembre 1919 au moulin de Géry. Claudius Marie s’éteint en 1957 (la même année que son fils Camille Antoine), sa femme en 1965.

Maurice PLANAT

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Ce jeune homme n’a que peu de liens avec Echandelys et seule une étude des archives communales, conservées en mairie d’Echandelys, a permis de retrouver sa trace à travers le duplicata de son avis de décès. Il naît le 21 octobre 1885 à Peschadoires, canton de Lezoux, à 7 heures du matin de Paul, 50 ans, cultivateur, et de Marie SUQUET, son épouse, âgée de 37 ans. La famille n’est pas retrouvée dans les recensements de la commune dans les années entourant la naissance de Maurice. Nous le retrouvons en 1906 à Saint-Jean-des-Ollières lors de sa visite d’incorporation. Il a au moins cinq frères et sœurs : Jean Marie né vers 1879, Antoine vers 1883, Jérôme vers 1887, Jeanne vers 1888 et Joséphine vers 1891. Maurice mesure 1 m 68 en 1906. Il est cultivateur. Ses cheveux sont noirs et ses yeux gris. Il possède un visage ovale, avec un front découvert, un menton rond et un nez assez fort. Il est incorporé au 109e RI de Chaumont le 8 octobre 1906. Il est renvoyé dans ses foyers le 25 septembre 1908. Le 6 avril 1910, il se marie à Egliseneuve près de Billom avec Jeanne Marie Hortense COUDEYRAS, née à Echandelys le 7 mars 1889, à Deux-Frères, d’Etienne et de Michelle BAUTIER. Deux beaux-frères de Maurice, Jean Célestin et Pierre, seront également soldat pendant la Première Guerre Mondiale et y survivront. Le couple habite à Deux-Frères et donne naissance le 19 avril 1912 à Léonie, la seule enfant du couple semble-t-il. Il déménage ensuite à Montmorin en 1912, puis à Pont-du-Château en 1914.

Maurice rejoint le 292e RI à Clermont-Ferrand le 4 août 1914. Il est alors âgé de 28 ans. Dès le 12, le régiment est embarqué en train en deux convois partis respectivement à 15 h 27 et 18 h 07. Arrivés à la gare régulatrice de Gray, les hommes et le matériel sont débarqués pour aller cantonner à Mollans en Haute-Saône le 13 août en fin d’après-midi. Le 15, le régiment quitte son cantonnement pour Reppe à proximité de Belfort, après avoir franchi la frontière. Les Allemands s’étant retirés derrière la ligne Mulhouse-Altkirch-Ferette, l’armée d’Alsace, dont fait partie le 292e RI marche vers l’est dans la région de Hagenbach et Burnhaupt où le 6e bataillon appuie le 305e RI pour l’attaque d’Illfurt. Deux compagnies défendent le pont d’Aspach où elles améliorent les défenses, et qui sera détruit quelques jours plus tard.

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Mais les Allemands sont en train de foncer sur Paris et la situation est critique. Le 292e RI embarque le 27 à Belfort pour une destination inconnue. Les trains emmènent la division à grande vitesse, par Besançon, Dijon, Fontainebleau, Paris, à la Faloise (Somme), où elle débarque le 29. Les Allemands, depuis Charleroi, talonnent l’armée française et marchent sur Paris. Le régiment prend une formation de combat vers Folleville, face au nord-est. Pour l’exécution du plan du général JOFFRE, le repli est ordonné. Les marches des 2 et 3 septembre sont pénibles, en raison de la chaleur et de la longueur des étapes ; il ne faut pas s’attarder, l’ennemi suit, et il faut que franchir les ponts sur l’Oise. Après le passage de la division, le génie fait sauter le pont de l’Isle-Adam. La marche sur Paris se continue par Écouen, puis vers l’est par Dammartin-en-Goële, Marly, où le régiment cantonne le 5, tandis que 5 compagnies prennent les avant-postes de combat de l’Issard à Chantemerle. Quelques patrouilles de uhlans sur lesquelles on tire sont repoussées. La bataille de l’Ourcq se prépare.

Le 6 septembre, le 292e RI se porte à l’attaque. Tout le régiment marche sur le village de Puisieux (Seine-et-Marne). Les pertes sont importantes, surtout à la 24e compagnie. Le 6e bataillon a pu arriver en face de Puisieux, où il s’est retranché en utilisant les abris abandonnés par les Allemands. Le 7 septembre, parvient la proclamation désormais historique du général JOFFRE, qui est communiquée à toutes les troupes, même à celles de première ligne. Le 292e RI exécutera l’ordre à la lettre. Partant de Puisieux, il prend Vincy-Manœuvre par les fermes de Poligny et de Manœuvre au prix de nombreuses pertes (56 morts dont Jean Marie PILLEYRE de la Parade et 660 blessés).

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Le 9 septembre, le régiment, diminué de moitié, est mis en réserve. Les 10 et 11, il suit la retraite allemande retraite par Villers-Cotterets, Coeuvre, Ambleny. Le 12, il passe l’Aisne à Fontenoy et le 13 septembre il reçoit l’ordre de pousser au nord sur Nouvron et d’attaquer la cote 140. Le 5e bataillon l’atteint et, aidé du 305e RI, il repousse une forte contre-attaque allemande. Ce combat coûte au 292e RI 36 tués et 60 blessés. Le 14, il met en défense le village de Port-Fontenoy et reçoit le lendemain d’importants renforts qui lui permettent de se réorganiser. Il y subit d’importants bombardements. Le 20 septembre, les Allemands attaquent et le 5e bataillon du 292e, en réserve dans le parc du château Firino, repousse quatre assaut. Le parc du château des Mardansons, faiblement occupé, est le dernier objectif de l’ennemi qui est là encore repoussé par la 22e compagnie, appelée en renfort. Cette journée coûte 36 tués et 72 blessés au régiment. Le lendemain, les obusiers allemands s’acharnent sur le village de Fontenoy et ses abords. La ferme la Tour est incendiée et, devenue intenable, elle doit être évacuée. Les hommes se replient sur le parc du château des Mardansons.

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Le 25, le régiment reçoit 523 hommes de renfort venant des 48e et 71e RI et 260 territoriaux des 97e et 99e RIT

Le 3 octobre, un mouvement sur la cote 140 (Nouvron), est tenté par l’armée française. En première ligne, le 292e RI aligne 4 compagnies, plus deux en soutient et deux en réserve. L’action est arrêtée à la nuit. Le 9 octobre, une nouvelle attaque est décidée. La première ligne du 292e RI arrive à cent mètres des fils de fer de l’ennemi, à hauteur du 321e RI et creuse des tranchées pour consolider son avance. Une seconde attaque est effectuée le 30 octobre, avec comme objectif pour le 292e RI le boqueteau est de la cote 140. Elle ne réussit que partiellement et entraîne une importante contre-attaque allemande. 59 soldats sont tués, 102 blessés et 130 sont portés disparus. A partir de ce moment, le 292e n’a plus pour le moment qu’un rôle défensif, chaque bataillon étant affecté à un secteur et chargé de son organisation. La guerre des tranchées commence. Le 12 novembre, une nouvelle attaque doit avoir lieu. La veille à 22 heures, les Allemands, dont l’attention a été attirée par les préparatifs, dirigent leurs projecteurs sur toute la ligne de la 63e DI. Leur tir devient de plus en plus nourri et toute la nuit, c’est un duel sérieux entre les deux artilleries. Le lendemain à 3 heures 30 du matin, l’artillerie française prend son rythme de préparation : 16000 obus de 75 sont tirés pour préparer l’attaque de l’infanterie. Mais les fils de fer allemands ne sont que peu détruits et cette opération s’avère être un échec. Ne surviennent alors que des attaques sporadiques, qui coûtent tout de même la vie à de nombreux soldats, dont Maurice, tué à l’ennemi le 20 décembre 1914. Il était âgé de 29 ans.

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Il est inhumé à la nécropole nationale de Bois Robert, carré B, tombe 404.

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Sa petite fille est adoptée par la Nation le 31 juillet 1919. Elle meurt en 1926. Sa femme meurt en 1951 et est inhumé dans le cimetière d’Echandelys, de même que sa fille.

 

 

 

 

 

 

Joseph Marius TERRASSE

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Second enfant d’une fratrie de cinq, il naît au Mas le vendredi 18 mai 1900 de Jean Marie Joseph et d’Anne DUMAS, tous deux originaires également du Mas où ils sont nés respectivement le 28 avril 1863 et le 24 juin 1876. Mariés à Echandelys le 26 septembre 1895, Antoine, leur premier enfant, voit le jour le 25 avril 1897. Il sera également soldat pendant la Première Guerre Mondiale. Après Joseph Marius, arrivent ensuite Alice Pierrette le 7 juin 1902, Joffrette Marie Antoinette le 9 janvier 1915 et enfin Paul René le 27 août 1917. Antoine est cultivateur lors de sa visite d’incorporation. Il mesure alors 1 m 69, possède des cheveux blonds et des yeux gris bleu. Son visage est ovale, avec un front haut et un nez long. Il ne présente pas de signe particulier. Il s’engage pour quatre ans à Clermont-Ferrand le 27 août 1918 au 120e RAL. En raison de la période d’apprentissage nécessaire à la maîtrise de son arme, il n’est pas monté au front. Il passe au 85e RAL le 9 février 1919, puis au 81e RAL le premier septembre 1920. Bien que soldat pendant la Grande Guerre, il n’a pas combattu à cette période. Le 15 octobre 1921, il est nommé maréchal des logis. Il va ensuite se réengager jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Il est aux armées du 2 septembre 1939 jusqu’au 25 juin 1940 dans une unité inconnue. En 1941, il devient armurier au 92e RI. Il est dit à l’intérieur du 26 juin 1940 au 8 septembre 1943, puis du 15 novembre 1944 au 8 mai 1945. Il est fait titulaire de la médaille commémorative de la Grande Guerre ainsi que de la Médaille Militaire par décret du 30 juin 1938. Il quitte définitivement l’armée le 30 août 1946. Il déménage pour Mareugheol le 21 mai 1964 et s’éteint à Clermont-Ferrand le 11 avril 1965.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Guillaume TACHER

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Ce jeune homme n’a que peu de liens avec Echandelys et subit un destin particulièrement sinistre. Il voit le jour à Plauzat le mardi 19 juin 1888 de Louis, maréchal-ferrant et de Jeanne LYOTY, ménagère, âgés respectivement de 33 et 31 ans.

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Ses parents ne sont retrouvés à Plauzat ni dans les registres d’état civil, ni dans les recensements entourant sa naissance. Le premier contact de Guillaume avec Echandelys est connu par sa fiche matricule puisqu’il y est cultivateur lors de sa visite d’incorporation en 1909. A ce moment, il est orphelin, ses deux parents étant décédés. Il mesure alors 1 m 51, possède un visage ovale, un front bombé avec un menton rond. Il est exempté pour faiblesse générale. Les recensements de population nous indiquent qu’il est domestique chez Marien VIALLIS à Coudeyras en 1911. Il ne semble pas qu’il ait eu d’autres contacts avec les autorités militaires, ce qui est inhabituel, avant le 27 novembre 1914, date à laquelle le CR de Clermont-Ferrand le déclare apte au service armé. Il est incorporé au 16e RI de Clermont-ferrand et Montbrison le 19 février 1915. En raison de la période d’instruction nécessaire, il n’est pas monté immédiatement en ligne et c’est certainement à ce moment qu’il passe au 42e RI. Il rejoint donc le front à une date indéterminée dans le secteur de Vingré que son régiment occupe depuis la fin janvier. Il y aménage les positions dans des conditions parfois périlleuses.

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Le 6 mars 1915, les généraux Maunoury et de Villaret sont blessés au créneau lors d’une visite des tranchées de première ligne. Le régiment bascule ensuite légèrement plus au nord-ouest et prend part le 6 juin à une attaque dans la région de Quennevières. Jusqu’au 15, il y organise les positions conquises. Le 16 juin, une nouvelle attaque de plus grande envergure est lancée. Les 2e et 3e bataillon progressent, mais les unités voisines ne peuvent suivre et ces derniers se retrouvent attaqués de flanc. Les deux bataillons doivent se replier sur leur ligne de départ, laissant de nombreux cadavres derrière eux.

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Le 42e RI reste dans le secteur qui s’est calmé jusque début août 1915, le VIIe corps d’armée en entier étant alors placé en réserve de division. Dans la seconde moitié du mois, il est transporté par voie ferrée jusqu’à Saint-Hilaire-au-Temple dans la Marne et travaille pendant un mois à l’organisation d’un futur secteur d’attaque. Il y participe le 25 septembre 1915 en progressant sur les hauteurs qui dominent la rive sud de la Py, sur Saint-Hilaire-le-Grand. Toute la journée, les vagues progressent malgré le feu meurtrier allemand. Le 26, il se lance à l’assaut de la tranchée des Tantes.

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Lorsqu’il est relevé dans la nuit du 29 au 30, la tranchées est conquise et gardée malgré les nombreuses contre-offensives allemandes. Mais les pertes ont été très lourdes et le régiment a besoin de se reformer et de se réorganiser. Il est mis au repos pendant deux mois. Guillaume a été blessé lors de ces journées et évacué de Souains. Nous ne savons pas si ses blessures ont été importantes ni à quel lieu il a été hospitalisé. Nous savons simplement que le 25 octobre 1915, il devait être rentré de permission mais qu’il manque aux appels. Les ennuis vont commencer pour lui. Il est déclaré déserteur le 30 octobre, mais rentre certainement au régiment à une date indéterminée. Est-il remonté en ligne fin 1915 ? Nous n’en avons aucune certitude. Le 25 février 1916, il passe au 172e RI. Ce régiment reste en Champagne jusqu’en juin 1916 alors que Guillaume est évacué de Verdun le 8 mars 1916 pour débilité mentale. Une fois de plus, nous ne savons ce qu’il devient, mais il manque une nouvel fois à l’appel du 10 juin 1916. Le 15, il est déclaré déserteur puis est arrêté le 22 par la gendarmerie de Saint-Germain-l’Herm. Il est rayé du contrôle de désertion le 25 août 1916. Nous ne savons pas ce qu’il est advenu ensuite, mais, faisant vraisemblablement l’objet d’une condamnation de la part des autorités militaires, il est évacué le 1e février 1917 à l’atelier de travaux publics d’Orléansville en Algérie (qui est en fait une sorte de bagne militaire). A la fin de la guerre, il bénéficie d’une remise gracieuse de peine de 6 mois de travaux publics le 31 juillet 1919. Sa fiche matricule indique qu’il a fait campagne contre l’Allemagne jusqu’au 23 octobre 1919, mais semble n’être renvoyé dans ses foyers que le 6 mai 1920. Il se retire alors à Echandelys. Il déménage vraisemblablement ensuite car c’est la CSR de Limoges qui le réforme définitivement le 19 octobre 1923 pour dégénérescence mentale avec idées délirantes de persécution. Le 18 décembre 1924, la CSR de Clermont-Ferrand le réforme également pour les mêmes raisons. La CSR de Limoges le 31 juillet 1925 maintient son inaptitude à 100% pour dégénérescence mentale avec idées délirantes de persécution et tendance aux impulsions violentes. Il est à ce moment interné. Le 8 septembre 1927, la même commission conclut à sa dégénérescence mentale avec idées de persécution et considère qu’il doit rester interné. Sa trace est ensuite perdue…

 

Antoine REDON

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Ce jeune homme n’a que peu de liens avec Echandelys. Il naît le lundi 23 mai 1870 à 4 heures du soir à Septème en Isère, au hameau de la Combe. Son père, Claude Antoine, scieur de long, est probablement né à Echandelys au hameau de Lospeux le 17 mai 1842. Il se marie à une date indéterminée avec Louise BRUGERE. Nous ne connaissons pas réellement la vie d’Antoine. Nous savons seulement qu’il est menuisier lors de sa visite d’incorporation. Il en est dispensé en 1890, sa mère étant veuve. Cette dernière est toutefois à ce moment internée depuis 18 ans à l’asile d’aliénés Saint-Robert à Saint-Egrève près de Grenoble.

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Présent à Echandelys lors de sa visite d’incorporation, il habite Vic-le-Comte en 1890. Il mesure 1 m 60, possède des cheveux châtain foncé et des yeux gris. Son visage est ovale, avec un front bas, un menton rond, sans autre signe particulier. Il est incorporé au 152e RI de Gérardmer le 12 novembre 1891. Il est rendu à la vie civile le 19 septembre 1892. Il se retire à Monton. En juillet 1894, il habite à quelques kilomètres de là, à Saint-Amant-Tallende. Il retourne à Septème en Isère en avril 1895 pour revenir un mois plus tard en Auvergne à Savignat, puis aux Martres-de-Veyre et enfin à Clermont-Ferrand au 42 de la rue La Fayette.
Lors de la déclaration de la guerre, il arrive au 99e RIT de Clermont-Ferrand le 2 septembre 1914. Il est alors âgé de 44 ans. Son régiment gagne Lyon par voie ferrée le 16 octobre. Il y tient un front de 30 km jusqu’au 20 octobre 1914, avec un intermède dans le camp de la Valbonne où il fait des manœuvres et s’entraîne au tir. Le 20 octobre 1914, le régiment quitte la place de Lyon et se rend par voie ferrée à Belfort, où il arrive le 21. Il sert à verrouiller la trouée de Belfort et est mis en ligne dans la région de Largitzen, Ubertrass sur la Largue, aux environs de Seppois. La guerre de positions commence pour le 99e RIT.
Le 8 novembre, une section de la 8e compagnie, appuyée par une fraction de cyclistes, un détachement de génie, exécute une reconnaissance offensive sur un poste ennemi fortement retranché à 1800 mètres au nord-est de Largitzen. A 5 h. 45 du matin, la reconnaissance arrive à 50 mètres de l’ennemi, mais ne peut pousser plus loin en raison des fortes défenses accessoires des Allemands. Accueillis par un feu violent, les soldats se maintiennent toute la journée sur la position.

Largitzen

Durant tout l’hiver 1914-1915, de telles offensives se multiplient, sans résultat sur le terrain. Il est possible qu’en raison de son âge, Antoine n’y ait même pas participé. De toute manière, il est réformé n°2 le 7 décembre 1914 par la CS de Clermont-Ferrand pour psoriasis généralisé. La même commission le reconnaît apte au service armé le 2 août 1915. Il est toutefois mis en sursis d’appel jusqu’au 30 novembre 1915 au chantiers Ronganne à Rabanesse. Son sursis est prolongé au moins jusqu’au 15 février 1916. Le premier juillet 1917, il passe certainement virtuellement au 121e RI. Le premier octobre 1918, il est hospitalisé pendant 9 jours à l’hôpital général de Clermont-Ferrand pour bacillose des sommets, congestion pulmonaire avec analyse bactériologique positive. Le 30 octobre de la même année, il est réformé n° 2 par la CS de Clermont-Ferrand pour néoplasme probable de la région pylorique avec amaigrissement considérable, confirmé par la radioscopie. Le reste de sa vie nous est inconnu.

 

Etienne Ernest QUINTY

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Ce jeune homme n’a que peu de liens avec Echandelys. Il naît le dimanche 8 mai 1898 à Lezoux à 10 heures du soir au faubourg St Jean chez Jean CROIZET, son grand-père maternel, fabricant de pelles.

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Sa mère Anaïs, sans profession, est âgée de 24 ans. Son père, Pierre, âgé de 28 ans, également sans profession, n’est pas présent. Il est dit habiter à Clermont-Ferrand. Il a au moins un frère aîné, Jean, né à Clermont-Ferrand le 27 octobre 1895 (celui-ci, domestique à Vollore-Montagne en 1914, est incorporé au 121e RI le 16 décembre 1914 et meurt pour la France en avant de Raucourt dans la Somme le 2 novembre 1916, chasseur au 11e BCA). A une date indéterminé, Etienne Ernest devient pupille départemental. C’est à ce titre qu’on le retrouve cultivateur chez Benoît ROUVET, cultivateur à Coudeyras, après 1911. A sa visite d’incorporation, il mesure 1 m 71, possède des cheveux noirs et des yeux marrons. Son visage est allongé, sans signe particulier. Ajourné pour faiblesse en 1917, il est bon pour le service l’année suivante et est incorporé le 18 avril 1918 au 139e RI d’Aurillac. A cette date, cela fait un peu plus d’un an qu’il a appris la nouvelle du décès de son frère Jean en novembre 1916 dans la Somme.

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A la fin de ses classes, il est réformé n°2 par le CR de Clermont-Ferrand le 17 juillet 1918 pour adénite cervicale bacillaire bilatérale volumineuse à droite, suppurée en évolution. Il est maintenu réformé par le même conseil le 23 octobre 1918. Le reste de sa vie ne nous est pas connu, mais nous pouvons malheureusement en conclure d’après son dossier médical qu’elle a du être relativement brève et douloureuse à cette période où aucune médication efficace n’était connue contre la tuberculose.