1918

Le fond du gouffre.

Le début de l’année paraît particulièrement difficile tant pour les populations que pour les troupes au front. L’hiver rigoureux fait arriver les loups à Fayet-Ronnayes où deux d’entre eux ont été vus à Larouvère en février. Sur le plan international, la Révolution Russe et la promesse de la signature d’une paix séparée libère les Allemands de leur front est, permettant de concentrer toutes leur troupes sur le front français. L’amélioration de l’armement rend possible la multiplication des attaques aériennes ainsi que les tirs de longue portée sur Paris (la célèbre Grosse Bertha en particulier). La signature de la paix avec la Russie ampute cette dernière de 750 000 km², faisant passer la Finlande, la Courlande, l’ensemble de la zone balte, le nouvel état ukrainien et la Biélorussie sous influence allemande, les deux Empires centraux se partageant en outre la tutelle de la Pologne. Cela revient à lui enlever 90% de ses réserves de charbon et la moitié de son industrie. Mais l’Entente, si elle vient de perdre deux partenaires à l’est (en plus de la Russie, la Roumanie est en train de signer une paix séparée), gagne l’appui des Etats-Unis dont l’effort de guerre devient chaque jour de plus en plus important. Ils fournissent les hommes et les Alliés fournissent l’équipement ainsi que l’instruction. Aussi, le Allemands comprennent rapidement qu’une course contre la montre vient de l’engager. S’ils ont perdu un ennemi, ils en ont gagné un autre qui monte en puissance. Aussi, reportent-ils rapidement le gros de leurs forces sur le front ouest et lancent au printemps trois offensives en mars en Picardie, en avril dans les Flandres et en mai en Champagne. Leur tactique change. Ils abandonnent la guerre d’usure au profit de l’anéantissement total. Le 21 mars, débute l’opération Michel dont l’objectif est de couper les Britanniques affaiblis des armées françaises. Ils enfoncent le front entre Oise et Somme le 21 mars. La 133e division débarque à Boves le 26 avec pour mission d’organiser le repli derrière l’Avre, de Moreuil à Braches. Le 28, le 321e RI de Pierre Jean DUTOUR de Parel est au contact avec l’ennemi et doit se replier sur les lisières de Plessier. Le lendemain, 29 mars 1918, le front s’enflamme. Dès 13 h, les Britanniques refluent de Mézières, découvrant la gauche de l’armée française. Bientôt, les Allemands progressent sur les deux flancs du régiment. Il faut se replier par petits groupes pour éviter l’encerclement. Les hommes tombent pour ne plus se relever, dont Pierre, aux environs de Moreuil. Il avait 28 ans.

MoreuilCarte.jpg

MoreuilVillersauxErablesChampdebataille1918.jpg

Champ de bataille entre Moreuil et Villers-aux-Erables 1918

DutourP

Si le front est percé sur environ 60 km, la progression allemande se ralentit. Les troupes épuisées perdent pour la première fois leur légendaire esprit de discipline et s’égaillent dans la nature pour piller. Mais à peine cette première offensive contenue, la seconde opération, dénommée Georgette, s’élance le 9 avril en direction des ports de Dunkerque et de Calais afin de couper les communications maritimes en particulier avec les Britanniques. Elle essouffle rapidement et malgré l’emploi de blindés allemands utilisés pour la première fois le 24 avril au sud d’Ypres (fortement contré par les chars britanniques), ils ne parviennent qu’à s’emparer du Mont Kemmel. Dans la nuit du 23 au 24 octobre 1918, le 30e RI de Joseph Claude COMMUNAL du Cluel relève le 99e RI au Mont Kemmel. La journée du 24 se passe en préparatifs pour une opération visant à prendre le King’s Way. L’assaut débute à 21 h. Les prisonniers allemands annoncent alors qu’une attaque allemande est prévue pour le lendemain après une préparation par obus à gaz.

MontKemmel.jpg

MontKemmelcarte1918.jpg

A 2 h 15, la préparation allemande commence. Obus à gaz, explosifs de gros et petit calibre, ce ne sont que détonations, cris de blessés, lueurs d’éclatement déchirant l’air empesté. Trois longues heures de ce régime exaspérant et l’attaque d’infanterie se déclenche. Nos braves troupiers, à la vue des uniformes exécrés, reprennent toute leur belle assurance, et les mitrailleuses et fusils-mitrailleurs font rage. L’assaillant subit là des pertes effroyables, mais pour une section disparue dix autres réapparaissent. Ils sont trop et nous sommes trop peu, nous ne pourrons pas les empêcher d’entamer notre ligne. Une deuxième ligne de résistance se constitue en hâte, plus en arrière, au pied du Scherpenberg. Celle-là brisera les dernières tentatives adverses. L’ennemi voulait les monts, il n’a réussi qu’à prendre leur avancée du Kemmel, et encore n’a-t-il pu obtenir ce maigre résultat qu’au prix de 60 % de pertes. Le 27 au soir, dans une ferme près d’Abeele, le Lieutenant-Colonel SANTOS-COTTIN rassemblait près de son drapeau les glorieux restes du Régiment. Que de vides, hélas ! Nous avions laissé sur les pentes ravagées des monts 1.950 officiers et soldats. (Historique du 30e Régiment d’Infanterie. Imprimerie Hérisson Frères – Annecy). Joseph Claude fait partie des morts. Disparu le 25 avril, son décès a été fixé au 25 avril par jugement déclaratif de décès rendu par le tribunal civil d’Ambert le 3 mars 1922. Son corps n’a pas été retrouvé. Il avait 21 ans.Poussées allemandes.jpg
Les Allemands n’ont toutefois pas pu en finir avec les Britanniques. Leur objectif est alors de s’emparer de Paris. Leur effort porte à nouveau sur le Chemin des Dames et prenant les Français par surprise déferlent bientôt sur la Marne. Le 30 mai, ils occupent Soissons et Château-Thierry et le 4 juin, ils sont aux portes de Paris. Le gouvernement, interpellé à la Chambre des Députés, est invité à prendre des sanctions contre les généraux. Clémenceau refuse et l’emporte d’une majorité importante. La retraite est rapide et difficile pour l’armée française. Antoine Alphonse POMEL, de Parel, en est une des premières victimes. Situé à l’extrême ouest de la poussée allemande, les hommes du 13e RI se rendent compte depuis mai qu’une attaque va avoir lieu, en raison de la recrudescence de l’activité de l’artillerie allemande, appuyée par des avions en nombre. Le 8 juin au soir, l’artillerie ennemie ouvre le feu et bombarde par obus toxiques la zone de batterie et le poste de commandement. L’infanterie allemande attaque à 3 h 30 et prend le village du Frétoy découvrant le bataillon du Bouchet sur son flanc droit qui est menacé d’encerclement. Malgré ses contre-attaques, pendant 4 heures, il est condamné à la retraite après avoir perdu 600 hommes. Alphonse en faisait partie. Il meurt, tué à l’ennemi par balle vers 5 heures, à Domfront, dans le secteur de Ribécourt à l’âge de 21 ans.

Domfront1918carte.jpg

Il est inhumé dans la nécropole nationale de Dompierre, tombe n°808.

PomelAlph

DompierreNécropoleNationale.jpg

Mais encore une fois, l’offensive allemande s’essouffle et les 250 000 Américains envoyés par mois (formant 25 divisions au front ou immédiatement en arrière) ainsi que l’emploi de nouveaux matériels, chars et avions (le 11 juin, 163 chars sont lancés dans la bataille) finissent par faire la différence. La 4e offensive allemande (2e bataille de la Marne) est brisée et mi juillet, les Allemands doivent se replier sur l’autre rive de la rivière. Le 18 juillet 1918, à 4 h 50, une offensive générale alliée se déclenche. Le 170e RI de Antoine Alexandre SAUVADET, agriculteur à Fiosson, se porte à l’attaque des positions ennemies de la croupe d’Haulevesne et de la ferme de Licy.

LicyClignoncarte.jpg

licyclignon.jpg

Dès 7 h 25, les objectifs sont dépassés. L’attaque est reprise à 18 heures, mais Antoine Alexandre n’en fera pas partie. Il a été mortellement blessé d’un éclat d’obus à 17 h. Il avait 26 ans.

SauvadetA
Lors de la même offensive du 18 juillet, le 70e bataillon de Chasseurs de Prosper CHAMPROUX de Lossedat situé à 7 km à vol d’oiseau du 170e RI d’Antoine Alexandre SAUVADET, attaque dans la zone comprise entre Dammart et Coincy, vers l’est.

MonnesCarte.jpg

La 7e compagnie est en 2e vague, située à gauche de la zone de combat. Il est pris sous le feu de nombreuses mitrailleuses nécessitant une section de chars d’assaut afin de les réduire. Ce jour-là, le bataillon progresse de plus de 3 km en profondeur, capturant de 89 prisonniers ainsi qu’une grande quantité de matériel. Il doit toutefois déplorer 60 tués et 290 blessés dont Prosper qui est blessé au nord de Monnes par balle avec plaie transfixiante au thorax (région claviculaire). Il est évacué le jour même et est hospitalisé à l’hôpital mixte de Meaux.

MeauxHopital.jpg

Il y meurt le vendredi 26 juillet 1918 à 21 heures de ses blessures.

ChamprouxPr

Il avait 35 ans. Il fait l’objet d’une citation à l’ordre du grand quartier général le 15 août 1918 : Sous officier extrêmement consciencieux ayant la plus haute conception du devoir se dépensant sans compter, toujours volontaire pour les missions périlleuses ; a été blessé très grièvement en entraînant ses chasseurs à l’assaut des positions ennemies sous un violent tir de barrage et feux de mitrailleuses. Sa petite fille âgée de moins de 2 ans est adoptée par la Nation le 3 juillet 1919. Son corps est rapatrié à Echandelys et inhumé en 1921.
C’est encore non loin de là, une quinzaine de km plus au nord-est que Gaston DUTOUR de Parel, sous-lieutenant, est engagé deux semaines plus tard. Le 1er août 1918, le 172e RI revient dans l’Aisne pour participer à l’attaque faite dans la région de Grand-Rozoy.

MaastViolaineCarte.jpg

Les 1er et 2 août, il progresse sur les hauteurs dominant Braisne et la Vesle. Sous les tirs de mitrailleuses et de l’artillerie ennemie, il franchit la rivière et pénètre dans Braisne qu’il doit abandonner lors une contre-attaque allemande.

Braisne.jpg

Gaston, de la première compagnie, tombe à son tour le 3 août 1918, mortellement blessé, à 4 heures du soir, au nord de Grand Rozoy, vers Maast et Violaine, certainement dans Braisne que le 1e bataillon avait conquis de 15 h, après avoir traversé la Vesle sous le feu ennemi. Il avait 25 ans.

DUTOUR G 1892 JMOMort.jpg

DutourG

Son attitude au combat a une fois de plus été l’objet d’une citation :

DUTOUR G 1892 citationJO06061918.jpg

 

L’espoir et la reprise de la guerre de mouvement.

Si les Allemands ont conquis un territoire considérable pendant les six premiers mois de l’année, ils n’ont toutefois pas su saisir leur chance et le poids que prend l’armée américaine devient trop décisif pour qu’ils puissent l’emporter. Dès le 8 août, date de la première grande offensive alliée, le général Ludendorff en est conscient. En un mois, les Allemands sont repoussés sur le ligne de départ, laissant sur place un important stock de matériel ainsi que de nombreux prisonniers. Toutefois, leur repli se fait dans l’ordre et ils occupent une position stratégique forte, la ligne Hindenburg, fortifiant une nouvelle position en arière, la ligne Hermann. Mais une nouvelle ennemie sans visage commence à faucher les soldats de tout bord. Léon LONGECHAL, menuisier au moulin de Géry, est artilleur au 13e RAC lorsqu’il est présent sur les champs de bataille situés entre la Marne et la Vesle, à l’ouest de Reims, où venait d’avoir lieu l’offensive allemande. Mais à une date indéterminée, il est transféré à l’hôpital auxiliaire n°10 de Brétigny-sur-Orge où il meurt le lundi 2 septembre 1918 à 1 h du matin d’une maladie contractée en service compliquée de la grippe espagnole qui fait déjà des ravages.

HopAux10Brétigny.jpg

Il avait 39 ans et laisse 4 orphelins âgés de 10, 8, 6 et 5 ans qui seront adoptés par la Nation le 17 novembre 1920.
Les Alliés continuent à progresser. La prise de la ligne Hindenburg est un calvaire. Au canal de Saint-Quentin, les soldats doivent escalader des berges escarpées de 15 mètres, les pieds dans la vase. Les pertes sont énormes. La poursuite continue jusqu’en Belgique. Jean DEPAILLER, originaire de Langlade à Vic-le-Comte, mais agriculteur à Echandelys depuis plusieurs années, a débuté la poursuite finale au même endroit que ses compatriotes tombés en juillet et en août. Le 133e RI, en première ligne sur la vallée du Clignon, reconquiert progressivement le terrain perdu en mai, en particulier autour de Hautevesnes. Jean y gagne alors vraisemblablement sa seconde citation à l’ordre du régiment n°141 du 12 août 1918, mais dont le texte ne nous est pas connu.

Hautevesnes1918.jpg

Hautevesnes1918carte.jpg

Les combats acharnés se poursuivent jusqu’au 21 juillet, et en raison des pertes importantes, le régiment est mis en réserve jusqu’au 8 août. Il cantonne alors sous une pluie battante. Il part ensuite à Courville plus au nord où il subit quelques pertes en raison de bombardements sporadiques. De là, il remonte progressivement vers Château-Thierry qui est atteint fin août et où il peut se reposer trois semaines. Puis c’est la dernière lutte, effectuée sur le sol belge, à partir de Langemarck le 28 septembre. L’aube trouva nos hommes assoupis, un peu fatigués par les marches précédentes. Le paysage était effrayant. La terre d’Ypres ravagée, cent fois remuée, s’étendait, infinie, grise, désolée. On se serait cru à Verdun. Le terrain était tout ponctué de trous d’obus, remplis d’eau, où se reflétaient des bouts de ciel gris. On rencontrait des ossements, quelques-uns encore coiffés de casques. De loin en loin quelques ruines marquaient l’emplacement de ce qui avait été un village. Au Nord-Est s’étendait au loin la forêt, ou plutôt ce qui restait de la forêt d’Houthulst: quelques silhouettes grimaçantes d’arbres décharnés. Et à l’horrible tristesse de cette dévastation s’ajoutait celle de la pluie qui s’était mise à tomber. (Le régiment des lions. Histoire du 133e RI pendant la Grande Guerre Belley 1920) L’attaque d’Hooglede, prévue pour le 3 octobre, se heurte à d’importants tirs de barrage d’artillerie et de mitrailleuses. Le rôle du régiment est d’enfoncer la Flandern-Stellung. Elle doit se faire sans préparation d’artillerie, uniquement avec un tir d’accompagnement, des tanks protégeant et ouvrant la marche. Le régiment est de plus affaibli par la grippe, la 2e compagnie, malade, étant restée à Leyselle. A 6 h 15, les tanks n’étant pas arrivés, l’ordre d’attaquer est néanmoins donné. L’artillerie allemande tire aussitôt. La 1e compagnie dont fait partie Jean s’empare facilement des fermes situées à 1 km au nord du carrefour de Sleyhaege, mais la liaison ayant été perdue avec le 168e RI qui semble clouée au sol, elle reçoit dans son flanc des tirs de mitrailleuses. Jean y perd la vie le 3 octobre à l’âge de 21 ans.

HoogledeCarte.jpg

Hooglede.jpg

La retraite allemande ne se fait toutefois pas sans combattre comme le prouvent de nombreuses lettres de soldats français à leur famille. Les combats d’arrière-garde sont âpres et les destructions allemandes spectaculaires, visant tant à ralentir la progression alliée qu’à entamer le potentiel de reconstructions des zones abandonnées (dynamitage des routes et carrefours, de l’ensemble des maisons, comblement des puits, abattage de tous les arbres à un mètre du sol. Ces difficultés sont illustrées par le destin de Marcel Jean DESUSCLADE, agriculteur du Moulin de Géry, et soldat au 401e RI. Ce dernier, engagé pour la prise de Saint-Quentin, se positionne le 16 septembre au matin sur Fontaine-les-Clercs, Fluquières et Happencourt. Une compagnie et une section de mitrailleuses sont détachées sur la rive droite de la Somme. Le 17 septembre, il a pour mission d’appuyer une attaque anglaise au nord de Saint-Quentin. Rapidement, Fontaine-les-Clercs est prise, alors le bataillon chargé de progressé au niveau de l’épine de Dallon est pris de flancs par des tirs de mitrailleuses. De plus, en raison du brouillard et de la pluie, l’axe de marché des bataillons est variable, créant des vides. De 11 h à 16, le régiment, en difficulté, n’avance plus. Le 102e BCP, co-acteur de l’attaque ayant atteint ses objectifs, l’ordre est donné au 401e RI de prendre ses objectifs, aidé par un peloton du 321e RI. En raison de ses pertes, il ne parvient toutefois plus à avancer. La consolidation , prévue pour le lendemain, est abandonnée. Les préliminaires sont repris le 24 septembre. Les combats sont âpres et indécis jusqu’au 25. Dallon et sont épine finissent par être pris. Ils sont aussitôt bombardés par les Allemands. Les jours suivants, des détachements maintiennent la pression sur les Allemands, parfois au prix de lourdes pertes (23 tués et 43 blessés le 29 septembre). Le 1er octobre 1918, Oestres est prise. Le 401e RI passe sur la rive sud de la Somme et se porte à Gauchy et Grugies. Le 2, la poursuite reprend La ligne de la Biette (tranchée Hindenbourg) est rapidement dépassée. Le lendemain, il est décidé d’attaquer Harly et l’usine Daltroff où les Allemands se sont retranchés.

Harly.jpg

A 17 h 30, l’assaut est donné. Le 2e bataillon prend la tranchée du Lac, puis celle des Dames, mais s’arrête devant une contre-attaque allemande virulente. Plus au nord, le 3e bataillon rencontre des mitrailleuses installées dans le talus du chemin de fer et attaque les vagues d’assaut de front et de flanc. Le 2e bataillon, placé en flèche, voit ses flancs menacés.

StQuentincarteOct1918.jpg

C’est au cours de cette journée du 3 octobre que Marcel est blessé et évacué. Il est nommé à nouveau à la 8e compagnie du CID le lendemain, jour malheureusement de son décès à l’ambulance 7/13 à Hattencourt dans la Somme, des suites de ses blessures. Il avait 23 ans. La situation pendant cette période est tellement incertaine que le destin de certains soldats est difficile à reconstituer. C’est le cas de Jean Laurent CHARTOIRE du Buisson, garçon d’hôtel dans le civil, caporal au 12e RI et dont les derniers mois de guerre sont emprunts d’imprécisions et de contradictions. Jean est considéré comme disparu comme plusieurs dizaines de ses camarades lors des combats à l’est de Chevincourt le 11 juin 1918 comme en témoigne l’extrait du JMO ci-dessous :

JMODisparitionChartoire11juin1918.jpg

Toutefois, un important mystère subsiste. L’acte de décès de Jean, obtenu au tribunal civil d’Ambert le 31 janvier 1921, fait mention d’un décès fixé au 15 novembre 1918 à Namur en Belgique. La position géographique de son régiment à la fin de la guerre rend possible cette hypothèse car ce dernier a combattu à ce moment autour d’Esquéhéries dans l’Aisne et a remonté la vallée de la Sambre en direction de Namur. Le site de la Défense nous donne en plus comme renseignement qu’il est inhumé au carré militaire du cimetière de Namur tombe individuelle n°1 :

CHARTOIRE J L 1882 Inhumation.jpg

Il avait 38 ans. A-t-il été fait prisonnier par les Allemands et blessé ou malade, décédé en Belgique?
Les armées alliées ont de toute façon assez largement pénétré en Belgique lorsque le 11 novembre, l’armistice prend effet. Mais cette retraite “en bon ordre”, alliée à la révolution allemande destituant le Kaiser et instaurant la République, est à l’origine de la légende selon laquelle c’est la défection des civils qui aurait forcé la capitulation de l’armée allemande invaincue, thèse dangereuse qui jouera un rôle important dans la genèse de la Seconde Guerre Mondiale.

CarteDécès1918DefDef.jpg

 

Publicités